Si la Well devenait piétonne, qu’adviendrait-il ?

Photo : Site promenade Wellington
Texte : Pierre Lussier

Nous avons pris au mot les défenseurs du projet de piétonnisation à l’année, qui nous disaient qu’on laissait beaucoup trop de place aux opposants au projet qui se pressent au micro pour crier à la catastrophe. La brochure intitulée La Well piétonne explique le projet et décrit pourquoi la vie serait plus agréable sur Wellington sans les chars, selon les promoteurs.

 La toute première question que les promoteurs posent au public lecteur : pourquoi Wellington devrait-elle être une rue piétonne ? Et nos promoteurs répondent : parce que ça augmenterait le confort et la sécurité, tout en améliorant la qualité de l’environnement avec moins de bruit et plus de végétation. On pourrait ainsi réduire l’utilisation et la dépendance à l’auto en améliorant l’équité sociale en se réappropriant la chaussée (et hélas les nids de poule). On parle également de promotion du commerce local.

Des stats ?

Ce qui nous frappe à la lecture des premières pages du document, c’est l’absence de statistiques fiables pour appuyer les améliorations proposées, y compris la promotion du commerce local qu’on ne s’avance pas à chiffrer. On parle également de sécurité sans tenir compte du va-et-vient de vélos électriques ou non de toutes sortes qui viennent couper les piétons sur Wellington en été, sans oublier l’état de la chaussée en hiver.

On parle de tiers-lieu : ou lieu de communauté, accessible au public et distinct de la maison et de notre lieu de travail. La rue Wellington piétonne ou non sert actuellement de tiers-lieu en raison du nombre élevé de cafés, bars, brasseries et restaurants. Trop, c’est possible, en tout cas Patrick Mainville d.-g. de la SDC Wellington en est parfaitement conscient.

Par une série de photos assorties de légendes montrant divers aménagements, modules et accessoires, y compris les bacs de recyclage, mais sans jamais en évaluer le coût.

Accessibilité universelle

Plus loin dans la brochure, on aborde les enjeux, dont l’accessibilité universelle est au cœur des préoccupations sur les artères commerciales.   Notre vision de Wellington vise une amélioration de l’expérience et l’accès de la rue pour tous. Hélas, la présence de marches à l’entrée de certains commerces sans oublier des toilettes inaccessibles aux gens en fauteuil roulant dans certains restaurants, sans oublier les aléas de la saison hivernale qui a pour effet de restreindre les déplacements de personnes à mobilité réduite. Parlez-en à Monique Trudel, elle-même en fauteuil roulant, qui se bat pour l’accessibilité universelle sur Wellington depuis des années.

Les bus

La piétonnisation estivale de la rue Wellington a pour effet de déplacer la ligne d’autobus 61 vers le boulevard LaSalle de juin à septembre. Parmi les inconvénients pour les usagers, ceux-ci doivent marcher jusqu’au boulevard LaSalle. En hiver, ça devient plus problématique en raison de l’état des trottoirs dans les rues transversales et des conditions météo en général. Les promoteurs parlent d’une navette genre microbus électrique comme il y en a dans les villes du Nord de l’Europe Idéalement, cette navette devrait prendre en charge les personnes qui descendent de voiture au coin d’une rue transversale et les amener jusqu’au commerce. Citons l’exemple du magasin de chaussures Dupuis ou d’un magasin de vêtements des environs.Toujours en hiver, il faudrait aussi amener les gens à l’arrêt d’autobus de la STM sur LaSalle, c’est plus compliqué.

Un parcours qui ne fait pas l’unanimité

Dans leur document, les promoteurs parlent d’une éventuelle piétonnisation de la rue Wellington au-delà de la 6e avenue afin de permettre la réorganisation de Wellington et du boulevard LaSalle qui se croisent et se rejoignent. Notez que le commerçant Robin qui a longuement réfléchi à la piétonnisation de Wellington en arrive à la conclusion que le parcours actuel de 1,3 km est déjà trop long et qu’il faudra réduire les tronçons piétonnisés. Patrick Mainville de la SDC exprime les mêmes réserves sur la question de la longueur.

Le secteur de Wellington entre Galt et de l’Église rejoint à peu près tout le monde comme centre des activités de la Well et point de convergence des visiteurs.

Document de référence en lien avec la demande de piétonnisation

Un imposant document de plus de 28 pages (disponible sur internet) a été publié conjointement par la SDC Wellington et l’arrondissement de Verdun, le 8 octobre dernier. En résumé, le projet de rue piétonne à l’année pourrait avoir des répercussions sur le développement de la trame commerciale, la vie de quartier et les déplacements dans l’arrondissement. À plus forte raison les conditions hivernales présenteraient des défis importants. Cette saison, présente un contexte plus difficile qui requiert une analyse plus fine des besoins. Les aménagements envisageables en période hivernale nécessitent un doigté et une sensibilité plus grande face aux enjeux liés au climat, au déneigement, à l’accessibilité et à la sécurisation des déplacements, etc. Prochaine étape, c’est l’Office de consultation qui doit clore le débat en publiant son rapport dans les prochaines semaines.