(Texte Pierre Lussier)
En raison de la crise du logement qui sévit un peu partout au Québec, la ministre de l’Habitation France-Élaine Duranceau a octroyé pour trois ans dans la nouvelle loi sur l’habitation, (la loi 31 adoptée en février 2024) des pouvoirs supplémentaires aux villes afin d’accélérer la construction de logements.

Le 22 mai dernier, 26 personnes du secteur voisin d’un projet résidentiel au 8, Place du Commerce à L’Île-des-Soeurs, ont signé le registre d’opposition, exigeant un référendum sur ce projet ou son annulation pure et simple. Pourquoi ce registre ? Principalement parce que le zonage commercial du secteur ne permettait pas la réalisation de logements dans deux tours de 13 étages, aussi en sollicitant un changement de zonage, on obligeait l’arrondissement à consulter le voisinage en ouvrant ce registre. Le nombre restreint de résidents dans ce secteur a eu pour effet de limiter le nombre de signatures pour valider la démarche à 21, et les opposants en ont obtenu 26,
Pour soustraire une municipalité à cet exercice long et incertain, et faciliter la mise en chantier d’immeubles résidentiels, la loi 31 permet de contourner ces écueils et de construire des logements, notamment des logements abordables, des logements sociaux et des logements pour étudiants. Dans les réseaux sociaux, une résidente de L’Île-des-Soeurs s’est demandé si Verdun peut profiter de ces dispositions de la loi cette avec un projet qui prévoit la construction de condos ? C’est à vérifier.
La ministre a sermonné le monde municipal
« Ce type de situation montre la nécessité pour les villes de faire preuve de courage politique », selon la ministre France-Élaine Duranceau en constatant le blocage à L’Île-des-Soeurs. Selon Jean Sasseville, courtier immobilier et chroniqueur, l’arrondissement de Verdun aurait pu utiliser ses « superpouvoirs » réglementaires pour éviter un tel écueil, mais a choisi de ne pas le faire. Verdun va-t-elle pouvoir accepter plus tard ce projet en utilisant ses « superpouvoirs » ?
La mairesse Mauger explique
Dans les médias nationaux, Marie-Andrée Mauger a nuancé les propos entendus à gauche et à droite, affirmant que le projet du 8, Place du Commerce prévoit la présence d’espaces commerciaux dans un développement surtout résidentiel. Seuls les projets 100 % résidentiels étaient permis si on voulait profiter des « superpouvoirs » avant mars dernier, alors qu’une modification à la loi 31, autorisant une certaine mixité, a été adoptée. En pratique, d’après la mairesse, on ne pouvait éviter le registre auparavant pour ce projet.
La mairesse a considéré le fait que 26 personnes pouvaient bloquer un projet. Il faut se demander où est l’intérêt collectif », a-t-elle dit.
Notez en terminant que la loi 31 aborde également la protection des locataires, mais ça ne fait pas partie de l’enjeu actuel dans le dossier du 8, Place du Commerce.


