Par Marek Zielinski
Recherche de Luz Garcia de Zielinski
Par un effet de miroir, on célèbre les droits de l’Homme le même jour que ceux des animaux. Nous les aimons tous, nos animaux – tant qu’ils soient poilus, doux, joueurs et obéissants. Mais qu’en est-il de ceux qui rampent ou qui ont huit yeux autour de la tête ? On les aime moins, on les tolère, tant qu’ils restent dans leur habitat naturel, loin de nous. On leur accorde quelques droits, pourvu qu’ils n’impactent pas sur notre droit à nous de les utiliser à notre avantage – citons la recherche scientifique, qui justifie à peu près tout abus (vivisection, tests, expériences).
Le droit aux droits
Les droits des animaux. Droits de quoi ? De vivre ? À chaque fois, je suis surpris par l’ahurissante arrogance de cette attitude, propre à l’homme, de s’octroyer le pouvoir sur l’existence même d’autres espèces. Le concept de tolérance éveille des sentiments semblables. C’est comme une parenthèse, accordée de façon si magnanime par ceux qui ont ou croient avoir le pouvoir de permettre aux autres d’exister dans les limites arbitraires. Ma tête tourne, mon estomac se retourne ! Mais le monde étant ce qu’il est, il semble nécessaire d’encadrer les comportements humains envers les animaux par des lois. Les animaux se passent bien des lois pour coexister. La mort dans le règne animal est soit rituelle (les combats des mâles pour la domination), soit purement pour la survie (la chaîne alimentaire). Pas de meurtres gratuits, pas de violence. Un net avantage côté bêtes !
Une partie de l’équation
Une famille des martinets a perdu leur foyer par la destruction d’une cheminée qui les abritait – cette histoire, relatée par un collègue de plume, m’a fait penser à la place que nous accordons aux animaux dans le contexte urbain. Verdun, et par extension Montréal, est chanceux d’avoir une faune pratiquement à nos portes. Ratons laveurs, marmottes, mouffettes, quelques chats sauvages, écureuils, toute la fratrie des volatiles – on retrouve tout ce beau monde en parfaite cohabitation avec les humains. Ils ne nous demandent rien, ils se débrouillent, ils saisissent toute opportunité pour survivre et se reproduire. Ayant vécu dans d’autres villes de taille comparable à Montréal, je peux témoigner de l’absence totale d’animaux. Il y a des villes qui ne se réveillent pas au son du chant allègre d’une chorale de moineaux ; aucun écureuil arpente les balcons pour y cueillir une miette. C’est triste, une ville si hostile aux animaux. Nous pouvons rendre la nôtre encore plus ouverte à la faune.
Bon, assez des indignations, mon chat se colle à moi pour sa dose de câlins, et je n’ai pas le droit de les lui nier !


