Texte Carole Pelletier, photographies Carole Pelletier et André Noël
À l’issue du tournoi, Explore Verdun Île-des-Soeurs rencontrait Francis Nantel-Chaput, directeur des opérations du Club de tennis et directeur du tournoi désigné par Tennis Canada.
Bonjour Francis, comment ça s’est passé cette année et comment se sont débrouillés nos joueurs Verdunois?
Ah! Le tennis, c’est un art et la mouture 2026 a été à la hauteur. Pour l’Île :
- Filip Vujicic a terminé en 3e place en simple après s’être mesuré à Alden Yu qui, lui, a fini 2e du tournoi.
- Marc-Édouard L’Allier a joué un très gros match contre Andreas Mjada qui s’est mérité la 4e place. Marc-Édouard est parvenu à aller chercher la 6e place en simple, et la 2e en double.
- Lynn Ke, légèrement blessée, s’est inclinée en ronde des 16 devant Elisabeth Djabourian, 2e place du tournoi.
- Wenyue Xiang nous a causé une belle surprise en réussissant à se qualifier pour avoir accès au tableau principal.
Finalement, Eliot Hagege a aussi réussi à se qualifier. Il peut être fier de sa 13e place!
Bravo à tous les cinq!
Quels sont les grands gagnants de cette année? On parle souvent de leur mérite sportif mais, pour faire un champion, il faut aussi une personnalité. Pouvez-vous nous en parler?
Chez les filles, Amy Shen de la Colombie-Britannique a remporté la première place devant Elisabeth Djabourian, du Québec. Ces deux grandes amies qui ont 14 ans se tiennent toujours ensemble lors des compétitions. Trouver l’une, c’est trouver l’autre! Amy avait terminé en 3e place en 2025; c’est une fille intelligente, souriante, très sympathique et d’une politesse exemplaire. Elisabeth Djabourian est extravertie et pétillante; elle a connu un très beau parcours et pourra prendre sa revanche l’an prochain.
Chez les garçons, Antoine Tardif, 15 ans, du Québec, s’est classé premier devant Alden Yu, 14 ans, de la Colombie-Britannique. Antoine se met beaucoup de pression sur le terrain; en dehors, il sourit facilement et aime blaguer. Il s’entraîne à Delray Beach en Floride et étudie à distance. Alden a 14 ans du haut de son 1m88 (6 pieds 2 pouces); il est calme et discret sur le terrain comme à l’extérieur et, entre les matchs, il relaxe en jouant à des jeux vidéo avec les autres joueurs.
Y avait-il du nouveau cette année?
Tennis Canada a introduit une technologie d’appel de balles électronique. Nous avons installé quatre caméras sur chaque filet. Celles-ci communiquent avec une tablette électronique et permettent au juge de vérifier si les balles sont à l’intérieur ou à l’extérieur du court. Les joueurs avaient été avisés en amont. Le système permet de mettre fin très rapidement à bien des discussions et offre un nombre d’appels illimité aux joueurs, qui, ceci dit, n’en n’ont pas abusé.
Nous avons eu la visite de Jean-Paul Mélo, septuple champion québécois de tennis en fauteuil roulant. Il a initié nos jeunes joueurs à ce para-sport. Roulant sur les fauteuils et essayant de manier la raquette, la plupart étaient déroutés; ce fut toute une prise de conscience. Merci Jean-Paul!
Ce que vous aimeriez peut-être savoir…
Les coachs de Tennis Canada étaient sur place durant le tournoi. Leur objectif : compléter leur alignement pour la compétition par équipes pour les coupes Davis Junior et Billie Jean King Junior.
Votre collaboratrice a pu parler à certains parents de joueurs. Les sacrifices consentis par les joueurs et leur famille sont importants pour les amener au niveau où ils sont rendus. Ils sont d’ordre financier – appartenance à un club pour pouvoir jouer à l’année longue, coaching privé, frais de camps d’entraînement et de tournois, voyages, etc.
Ils impliquent aussi beaucoup de temps car il faut jouer plusieurs fois par semaine, non seulement localement mais aussi pour les tournois ailleurs au Canada et sur la scène internationale. Ils forcent également des choix de vie; le joueur junior doit à la fois travailler sur son sport et progresser sur le plan académique, ce qui laisse très peu de place pour les activités récréatives auxquelles se livrent la plupart des adolescents.
Au Québec, ils bénéficient pour la plupart d’un programme sport-études qui permet de concilier les deux. La mère d’Alden, de Colombie-Britannique dont nous parlions plus haut, nous disait que son fils devait beaucoup voyager et que, à son retour à la maison, il devait rattraper son retard scolaire par lui-même. C’est une vie que l’on doit choisir mais qui n’est pas sans difficulté.




