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Mercredi, 15 avril 2026

Verdun + Île-des-Sœurs
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Des femmes actives à l’île St-Paul !

Texte : François Loiselle

Photo : Explore et  1955 Archives CND

La conférence intitulée « Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à L’Île-des-Sœurs, du XVIIIe au XXe siècle », a été présentée le 31 mars dernier et a été organisée en collaboration avec les Bibliothèques de Verdun, la Maison Nivard-De Saint-Dizier et la Société d’histoire et de généalogie de Verdun. C’était la dernière d’une série de trois conférences.  Près de soixante-dix personnes ont écouté avec attention Stéphan Martel, directeur adjoint-Recherches et patrimoine du Site historique Marguerite-Bourgeoys et Maison Saint-Gabriel.

Ce spécialiste de l’histoire de la Congrégation Notre-Dame a voulu nous donner un éclairage nouveau sur la contribution des sœurs pour nous montrer qu’elles étaient, en somme, de véritables femmes d’affaires et que leur congrégation avait joué un rôle social et économique important en plus de sa dimension religieuse.

Par exemple, après la phase d’implantation de la ferme, soit de 1790 à 1880, en plus d’un grand nombre de résidentes dans la grande maison, elles avaient aussi recours à des ouvriers. C’est 10 à 30 ouvriers pour les soutenir dans les nombreuses tâches agricoles. Ainsi, la croissance de la production agricole augmentera sans cesse. En 1916, elles produisent 4412 livres de porc, 5340 livres de bœuf, 1402 livres de veau, 17 152 gallons de lait, 3758 livres de beurre, 298 volailles et 132 douzaines d’œufs.

Rappelons que la fondatrice Marguerite Bourgeoys arriva seule en 1653 pour répondre à des besoins éducatifs à Ville-Marie. Rappelons aussi qu’en l’absence d’une véritable école, sieur de Chomedey de Maisonneuve avait fourni une étable pour servir de salle de classe.

Selon notre conférencier, les femmes de la Congrégation étaient autonomes et travaillantes. Elles étaient libérées des contraintes des communautés religieuses où, souvent, les femmes étaient cloitrées. Ainsi, avec l’aide des Sulpiciens, elles fondent des écoles pour les enfants pauvres. Pour réaliser sa mission éducative, accéder à l’indépendance financière était capitale pour Marguerite Bourgeoys et ses consœurs. 

C’est ainsi qu’au fil du temps, sur l’île de Montréal, elles vont faire des acquisitions. À partir de 1668, elles vont posséder une maison à la pointe Saint-Charles qui servira à accueillir, à éduquer et à préparer les Filles du roi à la vie rude de la Nouvelle-France. En 1673, elles acquièrent le fief de Verdun de Zacharie Dupuis. Enfin, à partir de 1707, elles deviennent propriétaires d’un tiers de l’île Saint-Paul, puis, en 1769, elles posséderont l’île au grand complet.

La présence des sœurs sur l’île va poser toutes sortes de défis. Certaines années, au printemps, l’accumulation de morceaux épais de glace va faire monter les eaux et créer des inondations menaçant les bâtiments de la ferme. La présence du pont Victoria, à partir de 1859, créait des embâcles très problématiques. Autre défi, le transport sur le fleuve entre la terre ferme et l’île pouvait être parfois dangereux. Il se faisait sur des « bacs », sorte de plateforme. M. Martel nous cite une tragédie où 14 employés de la communauté se sont noyés. De plus, en 1841, neuf ouvriers ont perdu la vie en se rendant faucher le foin sur une partie de l’île. Et le dernier défi, le feu, qui a causé des dommages considérables à bien des reprises.

Bref, malgré tout, la Congrégation Notre-Dame a su prendre soin de l’île. Elles ont vécu des jours heureux. Les étés à l’île étaient particulièrement agréables. Beaucoup de familles dépendaient du travail qu’elles avaient à offrir et des produits de la ferme qu’elles vendaient.

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