Par Jean-Marc Beaudoin
Crédit photo : Édition Somme toute, Le Devoir
Photo : page couverture du livre
PHOTO : photo lancement André et amine
C’est au Douglas Hall de l’Hôpital du même nom à Verdun que s’est tenu, le 23 février dernier, le lancement du dernier livre d’André Bouthillier intitulé « Le but était ailleurs » devant une foule remarquable de plus de 200 personnes.
André Bouthillier, Grand Verdunois et figure marquante des relations publiques au Québec, est l’auteur de « Le Goût du risque » (2022), un récit autobiographique. Il récidive cette fois avec une œuvre empreinte d’humanité sur le parcours atypique d’un immigrant algérien au Québec.
L’œuvre « Le but était ailleurs » raconte l’histoire vraie d’un jeune homme brillant, passionné de soccer et doué académiquement. Joueur de « foot » adulé en Grèce et promis à une carrière enviable, Amine Saadi décida, un jour, de tout quitter et de repartir à zéro.
Pourquoi ? L’appel d’un père peut être plus puissant que les projecteurs d’un stade.
C’est pour son père qu’Amine Saadi prend la décision la plus audacieuse de sa vie. Alors qu’il triomphe dans les stades de « foot » grecs, son père, resté en Algérie, exprime son désir de rassembler sa famille en un lieu sûr pour protéger les siens. Pour Amine, le « but » ne consiste plus à marquer des points sur un terrain de sport, mais à accomplir la volonté de cet homme.
Ce récit relate le parcours d’un individu qui connaît l’exil, passant de la gloire à l’immigration. De la douceur d’un pays ensoleillé à l’aridité d’un autre. D’un champ de « foot » à une résidence pour personnes âgées, soit un CHLSD. Il évoque la faculté de repartir de zéro.
Résilient, il a su consentir à reprendre le rôle d’élève, à travailler de nuit, à faire face au mur intangible de la validation des diplômes, à affronter des commentaires racistes, et à réagir non pas par de la rancune, mais par la maîtrise du savoir acquis en Algérie.
C’est grâce à sa conjointe et complice de plus de 25 ans, Monique Guay, Directrice – communications, relations publiques et affaires juridiques au CIUSSS de l’Ouest-de-l ‘Île-de-Montréal, que l’auteur a rencontré, tout à fait par hasard, Amine Saadi.
Cette rencontre fortuite a abouti à la publication de ce livre qui est le fruit d’une rencontre simple et banale. C’est un exemple éloquent de la beauté qui émerge lorsque deux esprits indépendants se rencontrent au bon moment.
L’ouvrage, publié en février 2026 par les éditions Somme Toute, se veut un récit de
transformation sociale et humaine.
Aujourd’hui, Amine Saadi a trouvé son véritable terrain de jeu : il est directeur des programmes de santé mentale et de traitement des dépendances à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas.
Si Amine réussit si bien sa reconversion à l’Hôpital Douglas, c’est en grande partie grâce à l’éducation reçue de son père. Il n’a jamais cessé d’être algérien, il est devenu québécois par engagement et demeuré grec par souvenirs. Il est la somme de tous ses passages.
En conclusion, l’écrivain souligne que chaque histoire d’immigration est une aventure humaine marquée par du courage, des hésitations et, surtout, une détermination sans faille.
On ne quitte pas la gloire pour l’inconnu sans une raison plus grande que soi. Pour
Amine Saadi, cette raison portait le nom de son père.
Pour le retrouver en librairie
Le but était ailleurs de André Bouthillier
Éditions Somme toute Le Devoir

Extrait
« Ce qui m’a frappé d’abord, c’est ce contraste : un enfant de la bourgeoisie algérienne, habitué au confort, aux villas d’été, aux dîners familiaux animés, qui découvre, adolescent, les balles perdues, les massacres dans les villages, les couvre-feux, les visages effacés par la terreur. Puis, à peine sorti de l’adolescence, ce jeune homme brillant mais en colère, surdoué mais indiscipliné, se cherche entre l’agronomie et le soccer, entre l’excellence académique et l’ivresse du sport. Il aurait pu faire carrière dans les stades d’Europe. Il aurait pu rester en Grèce, où il était adulé, bien payé, libre. Mais il a pris un autre chemin. Par loyauté envers son père. Ce choix l’a conduit à Montréal, au cœur d’un hiver québécois plus rude encore que les renoncements. »


