(Texte Pierre Lussier)
Photos : Daniel Rochon
Comment décrire un personnage aussi discret que modeste et pourtant dont tout Verdun lui est redevable de la renaissance de l’église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, le centre, le cœur de notre arrondissement ?
Laurent Ravenda qui a posé ses valises à Verdun le 1er septembre 2005, voyait dans notre ville, un environnement semblable à Hochelaga-Maisonneuve, où il avait passé quelques années comme prêtre diocésain. Laurent Ravenda ne pensait pas rester aussi longtemps parmi nous, mais il s’est engagé tellement dans la vie de la communauté locale qu’il a réussie avec la complicité d’intervenants à réaliser la transition d’une église jadis remplie à craquer de fidèles et aujourd’hui désertée par les nouvelles générations.
Un choix mûrement réfléchi
On s’est demandé, comme beaucoup d’entre vous, comment Laurent, ce jeune garçon né à Montréal et bien intégré, dont la famille d’origine italienne habite Rosemont, a-t-il choisi de devenir prêtre ? Laurent Ravenda fouille dans ses souvenirs de jeunesse et se rappelle la lecture d’une biographie de Jean Bosco qui l’avait inspiré alors qu’il avait 13 ans. Plus tard, dans sa vie de collégien, Laurent nous a parlé des étés où il a été moniteur dans des camps de vacances, une occasion pour lui de découvrir son habileté dans le travail social. Le jeune homme au sourire rayonnant se sent attiré par la vocation religieuse qui lui permet de vivre en harmonie avec ses valeurs.
En pleine révolution tranquille, où le monde de l’éducation change à la vitesse grand V, Laurent fait son cours classique au Collège André-Grasset et se retrouve au Cégep Bois de Boulogne avant de sauter dans la barque du Grand Séminaire. En effet, le cégépien s’engage et suit le parcours académique des séminaristes en théologie, dont les cours se donnent à l’Université de Montréal. Sûr de sa réflexion, Laurent Ravenda sera ordonné prêtre par le cardinal Paul Grégoire.
Laurent et les sports
Laurent est un grand sportif qui a joué au hockey et qui a fait du ski pendant de nombreuses années. Membre du groupe de religieux qui jouaient sous le nom des bons diables, le curé Ravenda partageait le plaisir amical de jouer au hockey dans une équipe du style des ligues de garage. En ski, le jeune homme a surtout dévalé les pentes dans les environs de Saint-Sauveur où ses parents avaient un chalet. Sa santé ne lui permet plus tellement de jouer au hockey et faire du ski, mais il ne cache pas les bienfaits que lui a procurés la pratique de ces sports.
Prêtre diocésain, puis missionnaire
De 1970 à 1980, Laurent Ravenda a exercé son ministère à titre de vicaire dans Hochelaga-Maisonneuve, sous la direction du curé Jacques Leclerc qui a laissé sa marque par son engagement social dans le quartier. Après 10 ans de vie paroissiale et d’engagement dans cette communauté de l’est de Montréal, Laurent souhaitait relever d’autres défis, et c’est ainsi qu’il a obtenu avec les Missions étrangères, et avec l’accord de l’épiscopat, un mandat de quatre ans dans une paroisse au Pérou, mandat qui a été renouvelé. C’est donc dire que le curé Ravenda parle l’espagnol couramment. De retour à Montréal après huit ans de travail en Amérique latine, Laurent Ravenda est recruté de toute urgence en l’absence de relève cléricale.
Il en a connu des paroisses
En septembre 1989, Laurent est appelé à exercer son ministère dans Villeray où il a été choisi pour s’occuper des paroisses, Notre-Dame-du-Rosaire, Ste-Thérèse-de-L’Enfant-Jésus et Saint-Grégoire-le-Grand. Responsable de ces trois paroisses en 1995-1996, le curé Ravenda a constaté le manque de prêtres, la baisse d’assistance aux messes et les problèmes des paroisses incapables d’assumer leurs dépenses. Cette expérience servira au curé Ravenda qui après son séjour dans Villeray, se voit confier la responsabilité des trois entités verdunoises, la paroisse mère Notre-Dame-des-Sept-Douleurs et les paroisses voisines de Notre-Dame-de-la-Paix et Notre-Dame-Auxiliatrice.
Artisan du virage salutaire à Verdun
De trois paroisses, on est passé à une seule sous le nom de Notre-Dame-de-la-Trinité, ce qui a permis de concentrer les ressources et constituer une réserve financière. Des travaux s’imposaient dans une église plus que centenaire, comme Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, notamment la toiture qui coulait et les clochers qui étaient dans un piteux état. La valeur patrimoniale du bâtiment rendait l’église éligible au programme d’aide du gouvernement qui couvre 70 % des dépenses, le reste étant assumé par des levées de fonds.
Laurent Ravenda nous a confié qu’il s’est donné un an depuis son 50e anniversaire de prêtrise pour finaliser tous les dossiers avant de prendre sa retraite : travaux majeurs, installation d’un lève-personne, entente avec le CIUSS (vaccination, prises de sang, prélèvements et dépistage éventuellement) à propos des locaux loués au sous-sol et vente du presbytère. Des prouesses ont été réalisées au chapitre du financement, en particulier grâce à l’ex-maire Georges Bossé, à l’administrateur Pierre Rousseau, à Laurent Dugas, ce bénévole dévoué, et aux Grands Verdunois et Verdunoises pour ne nommer que ces bienfaiteurs au risque d’en oublier.
Au fil du temps, alors que la pratique religieuse traditionnelle a diminué, l’église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs s’est ouverte à la communauté et accueille aussi le public pour des concerts et des expositions. Des gens de toutes confessions se rassemblent ici et partagent des valeurs de paix et de joie comme Laurent Ravenda l’a si bien dit en racontant son cheminement comme prêtre et curé. L’église compte deux portes d’entrée en guise d’accueil de la communauté, mais elle possède aussi deux portes de sortie pour s’engager, faire rayonner ces valeurs et partager.
En signe d’amitié avec Laurent Ravenda, venez assister à la dernière messe qu’il célébrera à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, 4155, rue Wellington : dimanche 31 août 10 h 30








