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Lundi, 08 décembre 2025

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Le 14 décembre, Journée mondiale de rien du tout

Par Marek Zielinski
Recherche de Luz Garcia de Zielinski

Décidément, le concept de la Journée mondiale de… a le dos large. Il ne recule devant rien. Ce rien, il l’embrasse, le célèbre. Deux mots accolés l’un à l’autre, aux significations totalement opposées : rien et tout. Commençons par rien, car les petits riens peuvent faire beaucoup, mine de rien !

La vie – et rien d’autre

Ne rien faire, mais le faire bien – c’est tout un art. La culpabilité s’invite inévitablement, et nous voilà en train de faire quelque chose d’insignifiant, de trois fois rien. Rien qu’à y penser, je tressaille ! Et pourtant, tout réside dans cette capacité de ne rien faire, de créer un vide, de se rendre disponible à l’imprévu. De vivre sans mouvement, sans agitation, sans attente, sans but à atteindre – sans mémoire peut-être, sans désir pour un avenir meilleur qu’il faut bâtir, préparer, sinon … sinon quoi, il n’arrivera pas ? De toute manière, la vie nous amène loin de nos objectifs, un peu à la dérive. Faire du temps en temps de l’école buissonnière de la vie, sécher les classes pour sentir la rose ou serrer un chat – c’est peut-être ça, le secret pour réussir une matinée de printemps (apparemment, la chose n’est pas si facile à accomplir – après quelques milliers de tentatives, je suis toujours novice voué à l’échec).

Vide omniprésent

La nature a l’horreur du vide, de rien donc, affirme la croyance populaire. Rien de moins évident ! L’espace interstellaire est fait du vide ; notre monde physique connu l’est autant. La matière est éparse, mais elle fait du coude pour se mettre devant, bombe le torse et s’impose, en grande partie grâce aux limites de nos sens : notre regard glisse sur le vide et s’accroche à la moindre particule de la matière. Pourtant, le vide règne, immense, infini.

Rien et néant

Rien fait peur, le spectre du nihilisme plane. Vacuité de la vie, vacuité de la mort. Le vide, l’absence de la matière, se confond avec le néant, absence de toute forme de vie. Pourtant, on ne meurt jamais pour rien. Mourir pour une cause, qu’on croit noble, est justement mourir pour rien. Certaines causes passent, d’autres émergent, comme des justificatifs à notre existence : liberté, patrie, idéaux. La vie, pourtant, se justifie par elle-même et n’a que faire des causes nobles, supposément immortelles mais qu’on oublie vite.

N’ayons peur de rien, ou plutôt : n’ayons pas peur de rien. Il nous revient de définir ces riens qui forment notre existence et de les enfiler l’un après l’autre au fil des jours, jusqu’au moment où les jeux seront faits, où rien ne va plus.

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