(Texte Pierre Lussier)
Des résidents des environs de la rue Wellington ont témoigné des effets pervers de la piétonnisation tout en reconnaissant, pour plusieurs, le côté festif de ce choix estival.
Comme dans un labyrinthe où les souris blanches doivent trouver la sortie, les automobilistes finissent toujours par trouver leur chemin malgré les entraves à la circulation. Les ruelles, les rues transversales et les artères parallèles, notamment le boulevard LaSalle, servent de sortie quand la rue Wellington leur est interdite. Lors de la première assemblée d’information organisée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) le 22 janvier dernier, plusieurs intervenants ont témoigné des effets pervers de la piétonnisation avec l’accroissement du trafic sur les rues secondaires et les embouteillages sur le boulevard LaSalle, devenu la rue collectrice principale avec en plus le flot d’autobus détournés.
Quand Stéphanie Plante de la rue Rielle nous dit que c’est l’enfer, on s’étonne et pourtant, cette jeune femme décrit bien l’augmentation du trafic lorsque cette cycliste sort sa voiture pour amener sa mère à Brossard et qu’il lui faut plus de 20 minutes pour quitter le secteur.
Il en va de même pour André Julien de la rue Rielle qui se dit « impacté par le trafic ». Les véhicules font la queue sur sa rue et se suivent pare-chocs à pare-chocs. André Julien estime que la fermeture de Wellington à la circulation automobile et le rétrécissement de la rue de Verdun ont pour effet de détourner le trafic vers le boulevard LaSalle.
Claudine Dupuis affirme que l’été, la circulation c’est infernal sur le boulevard LaSalle avec les autobus en plus des voitures. Selon elle, des enfants et des adultes se font frapper. Moi-même, « j’arrive pas à traverser », a précisé cette résidente du boulevard.
Laurent Oda qui habite sur le boulevard LaSalle près de la rue Troy, se plaint de l’accroissement de la pollution et du bruit en été. Selon lui, les automobilistes « ne respectent pas les limites de vitesse et ne font pas d’arrêt aux passages piétons ». Est-ce l’impatience des automobilistes qui transitent par le boulevard LaSalle pour se rendre au pont Samuel-de-Champlain, c’est à vérifier ?
Un autre résident, Gilles Leclerc de la 2e Avenue près de Wellington, a rappelé un incendie à l’été 2023 sur la 1re Avenue, qui a forcé les pompiers à faire un détour par la rue de Verdun pour se rendre sur les lieux. « Les gens se stationnent devant les bornes-fontaines et les policiers n’interviennent pas » selon Gilles Leclerc, qui a souligné la pollution des véhicules qui font la file sur sa rue en été. Par ailleurs, Céleste Trianon se plaint du bruit pendant la période de piétonnisation estivale.
Notons bien qu’il y a des aspects négatifs et des aspects positifs à la piétonnisation. Qu’on pense à l’aspect festif de cette rue Wellington où les gens se retrouvent pour piquer une jasette, manger ou se rafraîchir, également pour profiter d’un spectacle. Les effets désagréables pour le voisinage en période estivale ont pour effet de rendre les résidents plus méfiants sur une piétonnisation hivernale. (à suivre)




