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Jeudi, 15 janvier 2026

Verdun + Île-des-Sœurs
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GERMAIN BERGERON, PRÉSENT SUR LES DEUX RIVES !

Par Marcel Barthe

Il y a peu, pour ne pas dire plus, d’installations d’art public par le même artiste sur les deux rives de notre arrondissement. Germain Bergeron (1933-2017) est une exception. Une situation subliminale de continuité, voulue ou pas, on n’en sait rien, mais cette réalité s’avère intéressante. 

Le cycliste, datant de 1990, est installé au parc West Vancouver à L’Île-des-Sœurs, alors que le Tailleur de pierre, acquis la même année, est exposé en permanence au parc de l’Honorable-George-O ’Reilly, dans le quartier Crawford. 

L’approche artistique de Bergeron, assez unique et reconnaissable au premier coup d’œil, utilise des pièces de métal recyclé pour former des sculptures épurées et élancées, au carrefour du figuratif et de l’abstraction – des traits de crayons dans l’espace. Certaines demandent un moment d’arrêt pour en capter le sens (Pic et pelle, 1978 ou le Tailleur de pierre, 1990), alors que, pour d’autres, l’évidence apparaît au premier regard (Le cycliste, 1990).

Ses œuvres sont habituellement très hautes, visibles de loin dans le paysage urbain. On l’a souvent associé à Armand Vaillancourt, par le gigantisme de ses installations, l’utilisation de matériaux industriels, souvent des rebuts et le côté insolite de certaines de ces créations.  

Le cycliste

Marcel Barthe, 2025

L’œuvre est située près d’une piste cyclable de L’Île-des-Soeurs à l’orée du parc West Vancouver – quoi de mieux pour illustrer le propos – la sculpture tubulaire présente un cycliste penché vers l’avant, dans une position suggérant l’effort. 

Le tailleur de pierre

Guy L’Heureux, 2016 – art public, Montréal

Le Tailleur de pierre, installé près de la Maison Nivard-De Saint-Dizier et la rive du fleuve, veut souligner l’œuvre essentielle des artisans passés et présents qui ont bâti notre pays. Le personnage, bras étiré et élevé au-dessus de sa tête, une masse en main gauche, s’apprête à frapper un poinçon tenu dans l’autre main près d’une roche qui fait partie du socle. Immense, elle aussi, ses tubes d’acier peints en rouge se démarquent dans le paysage. 

D’autres réalisations sur le territoire

Germain Bergeron a réalisé plusieurs œuvres dispersées sur le territoire québécois et canadien.

Tout près de Verdun, dans l’antre de la station de métro Monk de l’arrondissement voisin au nord (quartier Ville-Émard-Côte-Saint-Paul), on retrouve l’ensemble monumental Pic et Pelle (1978), dédié aux travailleurs et artisans du métro montréalais. Sur la passerelle, sous les puits de lumière, sous forme stylisée, les tubes d’aciers colorés orange brûlé réalisés à partir de consoles coniques en acier réservées habituellement à l’éclairage des rues, suggèrent deux ouvriers maniant le pic et la pelle.

Photos STM (1978)

Au Collège de l’Assomption, où le créateur a enseigné, on retrouve Don Quichotte (1967), une interprétation du célèbre personnage central de ce qui est considéré comme le premier véritable roman de l’histoire de l’humanité, de Cervantes. Comme ses consœurs, la sculpture géante est faite de tubes d’acier soudés et peints. Elle avait d’abord été exposée sur le site d’Expo 67, lors de l’exposition universelle de Montréal, communément appelée Terre des Hommes

Photo : Adeline Paradis-Hautcœur, Flickr

De nombreuses autres installations se retrouvent dispersées à travers le pays. Mentionnons La dame blanche (1984) à Terrebonne (en restauration présentement), L’homme de fer (1970) à Schefferville, L’Heur du bonheur, à la bonne heure! (1986) au Musée national des beaux-arts du Québec, dans la capitale nationale, Man, Robot et The Venitian, rapatriées au Québec, de Vancouver, en 1968, et plusieurs autres.

L’artiste

L’artiste, né à Sainte-Perpétue de Nicolet, petite localité agricole du Centre-du-Québec, fut d’abord frère de la Congrégation de Sainte-Croix, une entité religieuse catholique masculine dédiée à l’éducation. Après avoir quitté l’ordre religieux, il poursuit sa formation universitaire poussée en arts à l’Université de Montréal et à l’Université Notre-Dame, en Indiana, aux États-Unis (1969). Pendant toute sa vie, en plus de réaliser des œuvres sculpturales, il enseigne, au Collège Notre-Dame puis, plus longuement, à l’École des beaux-arts de Montréal. 

Il réside avec sa famille à Terrebonne jusqu’à son décès en 2017 dans une maison patrimoniale (la Bergeronne) de haute valeur que la municipalité a acquise pour la confier à l’organisme Patrimoine et histoire Terrebonne (société d’histoire) qui l’anime au bénéfice de la communauté 

Verdun a le privilège de présenter deux de ses œuvres d’art public à la communauté.

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