Par Marek Zielinski Recherche
Recherche LUZ Garcia de Zielinski
La protection de l’environnement est, à juste titre, au centre de nos préoccupations. Malheureusement, le message écologique est souvent servi sous forme d’avertissement, de mise en garde, voire carrément de condamnation… À mon avis, ce message l’affaiblit et même le discrédite parfois. Il est anxiogène dans un monde qui doit au contraire retrousser les manches et trouver des solutions. Les études montrent que les enfants et adolescents témoignent de peu de confiance quant à l’avenir de notre planète. Les adultes, eux, ont l’impression de faire de leur mieux pour finalement peu de résultats.
L’exemple de l’implication de Charles Thibodeau nous montre le chemin le plus approprié pour contrer les effets néfastes de la surconsommation. Titulaire d’un doctorat dans le domaine de l’éco-gestion, et plus précisément en analyse du cycle de vie, il a fondé son entreprise de consultation CT Consultant à Verdun, il y a cinq ans et offre son expertise aux entrepreneurs soucieux de la planète, permettant de quantifier le coût environnemental à chaque étape de mise en marché d’un produit ou d’un service. L’exemple de cellulaire, devenu presque banal, démontre la complexité du problème : tout d’abord, nous explique Charles Thibodeau, il a fallu extraire les ressources, les transformer, les assembler, concevoir l’emballage et le mode de distribution, et chacune de ces étapes comporte les impacts environnementaux qu’il faut mesurer. Même après sa « mort », un cellulaire doit être recyclé selon les normes en vigueur et au moindre coût possible. C’est en ayant en main toutes ces données que les investisseurs peuvent prendre les décisions éclairées.

L’implication écologique de Charles Thibodeau a commencé en 2005 en faisant du bénévolat à Équiterre, où il a travaillé par la suite durant six mois. La passion pour la préservation de l’environnement est née et elle reste intacte 16 ans plus tard, renforcée même par le désir de laisser un monde en équilibre, hors de tout danger, à ses enfants âgés respectivement de neuf et cinq ans et demi.
Charles reste à Verdun, séduit par l’aspect familial de l’arrondissement, par la proximité du fleuve, par le dynamisme de sa vie sociale et culturelle. Il est adepte, avec sa femme, de la simplicité volontaire : consommer moins, ralentir, prendre le temps de sentir une fleur ou de flatter un chat de ruelle, pourquoi pas ! Il découvre aussi les avantages de bon voisinage : échanger les outils et les services, recycler et réutiliser les produits ne fait que resserrer les liens communautaires. Il fait si bon de vivre à Verdun qu’on commence à ressentir les effets néfastes de ce succès : Charles déplore la spéculation immobilière, qui rend l’acquisition d’une propriété inconcevable et qui hausse les loyers.
Pour Charles, le respect envers l’environnement commence par le respect pour soi, et le confinement nous offre l’occasion de revoir nos priorités. Ralentir, faire de l’introspection, de la méditation ; chercher à identifier et résoudre nos problèmes au lieu de les balayer sous le tapis par une course effrénée et un rythme de vie époustouflant. L’écologie, le souci pour l’environnement acquiert désormais une dimension holistique, philosophique même, qui inclut l’homme et ses besoins tout autant qu’impératifs économiques. Merci pour ça à Charles Thibodeau et ses semblables pour tenir pour nous la lanterne et éclairer notre chemin.
Pour la rubrique : « Chapeau aux gens et aux lieux de ma communauté »


