Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Il y a des gens avec qui on embarque en voyage facilement, spontanément. C’est un don, un état d’esprit, un trait de caractère — peu importe, on ne se trompe pas, on le détecte tout de suite. Geno Marquis a le goût du voyage dans ses gênes, à travers ses parents, Manon Marquis et Claude Poirier, qui souffrent de la bougeotte aiguë — on peut facilement trouver pire comme héritage !

Aller vers l’Autre, aller vers soi
Avec l’aide de ses deux complices, qu’on aimerait dire de toujours, mais, étonnamment, leur collaboration ne date que de trois ou quatre ans (que voulez-vous, quand ça clique, ça clique, même en quelques minutes), Geno a investi un espace qui dévoile, grâce aux gens comme elle, tout son potentiel et sa véritable raison d’être : elle a créé une chaîne YouTube, intitulée tout simplement Geno. En quelques années, sans artifices, sans vulgarité ou sensationnalisme (souvent alimenté par l’actualité complexe), Geno a bâti une base de presque vingt mille supporteurs. La particularité de la chaîne : elle est en espagnol, une langue qui est en soi un voyage déjà !
Pour cette Verdunoise de naissance, la relation avec la langue de Cervantès ou de Cantinflas (je brasse large, mais il y a de la place pour tout le monde) remonte à son enfance et à travers le fascinant pays du Mexique. Grâce à Geno, nous découvrons de nombreux points communs entre la culture latine et celle du Québec, cette enclave latine dans l’océan anglo-saxon. Un ami poète a inventé un terme qui décrit bien cette complicité : les Québécois sont des latinordiques ou latinordicos (un salut amical à Omar Alexis). Geno se décrit elle-même comme une Canadienne avec une âme latine et nous prouve, épisode après épisode, que cette appellation n’est pas gratuite, mais profonde et basée sur une réelle fascination pour la culture de nos voisins du Sud (un peu plus au Sud, il nous faut enjamber ce petit pays qui nous sépare).
Bâtisseurs de ponts
Nous avons évoqué les complices de Geno, il est temps de les nommer : Jessica Omana et José Portillo, deux Vénézuéliens rencontrés à travers une amie commune il y a trois ans et qui portent sur leurs épaules ce projet de chaîne Youtube. Jessica déploie ses talents d’organisatrice et de recherchiste au contenu, avec Geno, tandis que José se charge des aspects techniques (matériel de tournage et de montage). Une équipe réduite, mais efficace et dont la complicité se traduit dans les vidéos qu’elle produit.
Pour accéder au monde de Geno et de ses complices, nous avons inclus le lien vers l’épisode qui parle de Verdun — vous y serez en bonne compagnie, puisque plus de 50 mille spectateurs ont pu découvrir notre quartier grâce à cette vidéo.
Le monde d’aujourd’hui, ce ne sont pas uniquement des événements à l’échelle planétaire, et dont le contrôle nous échappe presque totalement. À notre niveau individuel, il y a tant de choses à faire pour façonner, ce monde, selon nos souhaits et désirs. Produire, par exemple, avec joie et passion, dans un esprit de découverte et de partage, des vidéos qui sont comme des mains tendues vers l’Autre, qui n’est pas si différent, qui nourrit les mêmes rêves, qui aspire au même bonheur. Geno est, comme on le nommerait dans un roman d’espionnage, un agent de liaison, celui qui bâtit les ponts, et nous en avons un criant besoin aujourd’hui.


