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Montréal
Mercredi, 17 juillet 2024

Bec et plumes – L’oiseau fusée

Faucon pèlerin
Falco peregrinus
Peregrine falcon

Ordre des falconiformes
Famille des falconidés

Texte et photographies de Mario Lefebvre

Situé tout en haut de la chaîne alimentaire du monde aviaire, le faucon pèlerin, un rapace aux ailes profilées, menace ses congénères en plein vol. En surveillant les abords du fabuleux fleuve Saint-Laurent à la recherche d’oiseaux, j’ai la chance d’observer un faucon pèlerin qui se retourne vers moi et qui s’envole pour se percher un peu plus loin. En se déplaçant, il me permet de le prendre en photo sous différents angles.

Ce robuste prédateur est bagué ! Sur les photos, vous verrez qu’il porte une bague autour de sa patte droite. Une fois l’an, des ornithologues ou bagueurs se rencontrent dans un but bien précis, celui de procéder aux bagages des oiseaux. Cette pratique est éprouvée et saluée par les amateurs et spécialistes d’ornithologie. Elle consiste pendant quelques jours à recueillir avec de grands filets les oiseaux qui s’y prennent. Une fois l’oiseau sorti de sa fâcheuse position, on procède alors avec délicatesse à l’installation d’une bague autour de l’une de ses pattes et l’oiseau est identifié, mesuré, pesé et situé en termes de géographie. Lorsqu’un oiseau bagué est attrapé, on recueille des données. Dans ces registres, on détermine entre autres les voies de migration, les zones d’hivernage et de nidification, la longévité des individus ou l’évolution des populations.

On reconnaît le faucon pèlerin par ses favoris noirs qui descendent le long de ses joues et par sa livrée foncée grise, presque noire. Le faucon pèlerin ne construit pas de nids dans les arbres comme le font plusieurs espèces d’oiseaux de proie. Aux abords des falaises, il se sert de gravats et de végétaux et par grattage à l’aide de son ventre, il constitue une coupole où il déposera ses œufs au sol. Le faucon pèlerin est l’oiseau le plus rapide au monde, ayant des pointes de vitesse de l’ordre de 400 kilomètres à l’heure. Son habitat toujours en hauteur lui permet de chasser à vue ses proies. Il se nourrit essentiellement d’oiseaux, pigeons, colombes, canards et même parfois de gibier au sol. Mais le défi est grand de prendre un animal au sol, par le fait qu’il chasse habituellement à la verticale dans les airs, se jetant en piqué sur l’oiseau en le percutant. Une fois l’oiseau assommé, il n’a qu’à le cueillir une fois tombé par terre. Son bec est muni d’une échancrure qui lui permet de cibler le cou de ses proies et, par la force de l’impact, il le tue instantanément.

Dans les années 70 les faucons pèlerins ont été sauvés grâce à l’interdiction d’épandage de DDT, un insecticide chimique dévastateur. Cette substance répandue dans les champs agricoles a empoisonné les petits mammifères qui y vivaient, et les oiseaux qui s’en nourrissaient étaient malades et mouraient par la suite. Depuis que l’homme a cessé de le chasser et de l’empoisonner, le faucon pèlerin est en croissance un peu partout dans le monde et son espèce est maintenant sauvegardée.

À Montréal, des mesures ont été prises pour relocaliser sous le nouveau pont Samuel de Champlain, un couple de faucons pèlerins qui nichait sous l’ancien pont du même nom ! En dernier lieu, sachez que le faucon pèlerin n’est pas un oiseau grégaire ; il préfère être seul et nicher au moins à des kilomètres des autres oiseaux.

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