Billet de Jean-Guy Marceau
Un voeu pieux ou une réalité en devenir ? On parle beaucoup du Japon et de la propreté remarquable de ses villes, même les plus populeuses. On parle aussi de Singapour des trottoirs presque aseptisés qui font la fierté des résidents. A chaque année dans Verdun, le nettoyage du printemps est un événement presque aussi attendu que le retour des terrasses…et presque aussi chaotique. La neige est fondue et a abandonné enfin la partie, épuisée par notre patience. ( ?**?? &*??). Les rues et les ruelles nous dévoilent leur véritable personnalité : un mélange savant de sable, de garnotte, de mégots, d’indésirables papiers et d’objets dont personne ne revendique la propriété.

Avril et l’arrondissement commandent la grande opération nettoyage-extrême : la Big MacClean. Les camions de nettoyage apparaissent à l’aube, tels de créatures mythiques, grondant doucement et laissant derrière eux des rues étonnamment propres pendant environ 17 minutes jusqu’à ce coup de vent décide de mettre un peu d’ambiance.
Les Verdunois participent à leur façon. Certains (pas assez nombreux) sortent balais, pelles, râteaux, poubelles, prêts à affronter les débris hivernaux et se déguisent en héros d’un jour. D’autres observent la scène depuis leur fenêtre avec un café à la main, offrant un genre de soutien moral très intense, mais exclusivement à distance. Certains découvrent que le trottoir devant chez eux leur appartient un peu aussi.
Le nettoyage du printemps c’est là où l’on retrouve dans les ruelles ou accrochés aux arbres chétifs, des vélos abandonnés qui ont une histoire à raconter, des chaises bancales, des électros qui surgissent entre deux boites de carton mouillé, des lettres d’amour détrempées, des mitaines orphelines… une chasse au trésor, sauf que le trésor est une vieille botte de rubber solitaire ou un ski cassé, abandonné par un propriétaire frustré.
Nos berges qui ont tant besoin d’amour accueillent momentanément des dizaines de visiteurs attendris et désireux de rendre les lieux propres et invitants. Une corvée annuelle qui, selon moi, devrait se poursuivre à l’année. Ce grand ménage collectif a quelque chose de très satisfaisant. Des gens, des vieux, des jeunes qui sont sensibles à leur environnement, ils sont contents que l’hiver soit derrière eux. C’est plus qu’une corvée, c’est un rituel. Un moment où Verdun se refait une beauté.
La responsabilité citoyenne, c’est ce petit effort quotidien qui fait une grande différence. Elle ne se limite pas à voter ou respecter les lois : elle se manifeste aussi dans des gestes simples, comme ramasser un déchet, aider son voisin ou participer à la vie communautaire. Nos actions individuelles, mêmes modestes, contribuent directement au bien-être collectif. Sortons tous et toutes nos attirails et célébrons ensemble l’arrivée du printemps avec notre vieux balai et un sourire de circonstance et Vive Verdun propre propre propre !


