Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
photos : Daniel Rochon

Nathalie Boutin et Lucie Chicoine, photographiée dans leur atelier de la rue Verdun.
Il y a des rencontres qui ont du mal à se concrétiser. Verdun n’est pas un quartier énorme, mais parfois passer d’une rue à l’autre peut prendre trois ans. Dimanche dernier, en franchissant une porte banale de la rue Verdun, nous avons rattrapé tout le temps perdu pour finalement faire connaissance de deux femmes lumineuses qui y exercent leur magie artistique. Lucie Chicoine et Nathalie Boutin partagent depuis quelques années cet atelier dans une complicité évidente.
Nathalie
Dès l’âge de 8 ans, au grand dam de sa mère, Nathalie vendait déjà ses premières œuvres d’art aux voisins. Sommée à les rembourser, car aux yeux de sa famille, ça frôlait l’arnaque (Nathalie en rit encore et constate avec soulagement qu’on a fait du chemin depuis en tant que société), la jeune fille a néanmoins su garder et fleurir en elle son côté artistique. Entre cette petite artiste en herbe et celle d’aujourd’hui, au style bien défini, le parcours s’est fait rarement en ligne droite. Et tant mieux, car chaque expérience, chaque détour ont forgé sa personnalité et sa sensibilité.
Un long passage dans le monde de la mode, où son talent de dessinatrice pour les catalogues a pu être pleinement exploité, l’a préparée à ce qu’elle fait aujourd’hui. Ensuite, Nathalie a fait son premier Picasso! Eh oui, rien de tel que d’apprendre de plus grands maîtres. Ses reproductions ont été appréciées par ses ami(e)s, mais le désir de créer ses propres visions a été plus fort. Une expérience particulière, survenue durant la pandémie, l’a profondément marquée, au point de lever tous les doutes quant à sa passion: les employés de son mari ont été soumis à un stress excessif que seuls les tableaux colorés que Nathalie a produits et accrochés dans la salle commune ont pu alléger. Dès cet instant, aucune marche arrière n’est envisageable – désormais, la peinture est au centre de la vie de Nathalie.
La visite de son atelier, qu’elle partage avec Lucie (nous en reparlerons plus tard), offre un aperçu de son univers. Ses thèmes de prédilection? Les visages, la nature, les oiseaux. La gouache qu’elle affectionne comme technique permet de créer des images subtiles, comme s’ils sortaient d’un rêve. Nathalie accepte des demandes spéciales pour des portraits, n’hésitez pas à la contacter via le site web (voir ci-dessous) pour en discuter.
Lucie
C’est avec un peu d’appréhension que Lucie, qui occupait l’atelier seule depuis quelques années, a décidé de le partager avec une autre artiste. Après une brève période d’adaptation, la cohabitation se déroule à merveille. La complicité et l’estime mutuelle sautent aux yeux. Une grande absence lors de notre entrevue : George, le petit chien adorable qui fait l’office de mascotte et qui est resté à la maison.
La feuille de route de Lucie est aussi impressionnante que celle de Nathalie, elle englobe notamment un passage dans l’audiovisuel comme productrice pendant plusieurs années (nous lui devons entre autres Caméra-café version québécoise). Depuis 2000, Lucie expose régulièrement, tant au Canada qu’à l’étranger, au Portugal, en Espagne ou en France, entre autres (on vous invite à consulter son site web pour plus d’infos). Ces expositions lui ont valu plusieurs récompenses et prix, du Musée du Louvre notamment.
Son style éclectique échappe à la catégorisation stricte, il reflète sa liberté créative et son approche de l’art. Elle insiste sur la nocivité du jugement sur le processus créatif – une grande partie consiste justement à se soustraire à ce jugement, à accepter les erreurs comme étant indissociables de la peinture.
Les voyages et les rencontres sont ses principales sources d’inspiration. Les cinq années passées à Paris, à vivre le rêve parisien, à côtoyer le grand art, à se découvrir, sont d’une importance capitale dans son cheminement. À son retour en 2000, la belle aventure dans l’audiovisuel, avec son frère, l’a gardée occupée, même très occupée : de longues journées qui débutaient à 5h du matin étaient son pain quotidien. Finalement, c’est autant son désir de liberté que sa passion de la peinture qui l’ont définitivement convaincue d’épouser la vie de bohème (la bohème du XXIe siècle, entendons-nous).
Dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de Verdun, les deux artistes vont participer à l’exposition Expo-concours qui aura lieu du 16 au 19 octobre chez Gravel Automobiles de L’Île-des-Sœurs. Cet événement est d’ailleurs ouvert aux résidents de Verdun (vous en trouverez les détails ci-dessous pages 30-31) et offre une belle occasion pour découvrir la richesse de la création artistique à Verdun.














