Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Bien manger est à la mode. Plus que jamais, l’attention est portée sur la valeur nutritive des aliments, leur préparation, mais aussi leur conservation pour préserver leur qualité. Les écoles n’échappent pas à cette tendance et le projet d’acquisition d’un lyophilisateur pour l’école Riverview vient de voir le jour. Nous nous sommes entretenus à ce sujet avec l’une des instigatrices, Mme Sophie Perreault.

Quel est votre parcours professionnel
et votre fonction à l’école Riverview ?
J’enseigne le français à la commission scolaire LBPSB (Lester B. Pearson School Board) depuis 10 ans, et à Riverview spécifiquement depuis l’an dernier. Auparavant, j’ai eu la chance de voyager et d’enseigner à l’étranger pendant plus de 15 ans.
Parlez-nous du lyophilisateur,
de quoi s’agit-il et comment on l’utilise ?
Le lyophilisateur est un instrument pour conserver les aliments par le froid sans en changer l’aspect. Une fois lyophilisés, les aliments peuvent être entreposés à température pièce durant 25 ans sans pertes de valeurs nutritives. Tout cela sans agent de conservation.
Qui est derrière ce projet ?
Isabelle Naud et moi-même. Nous sommes toutes les deux enseignantes à l’école Riverview et nous avons lancé ce projet pour développer un sens critique afin de :
- contrer le gaspillage alimentaire
- modéliser l’autonomie alimentaire : avec les plus jeunes — planter des tomates à partir du fruit, puis chez les plus vieux – les transformer pour la conservation
- démontrer l’importance de consommer local (à moindre coût et à meilleure valeur nutritive)
- sensibiliser les élèves aux aspects environnementaux dus aux transports (plus coûteux, plus polluants et entrainant les pertes des valeurs nutritives)
- encourager l’entrepreneuriat (créer des campagnes de financement avec les élèves)
- profiter de l’abondance des récoltes à l’automne et nourrir la communauté à moindre coût.
La méthode de conservation avec un lyophilisateur est un outil qui peut permettre de profiter de l’abondance des produits saisonniers, de les transformer et d’en profiter par la suite à longueur d’année. Les possibilités apportées par l’achat de cet outil sont illimitées. Éventuellement, nous aimerions pouvoir développer une relation avec des écoles du Grand Nord afin de permettre à certaines communautés un accès à moindre coût à des aliments sains et à forte teneur nutritive. La lyophilisation réduit de 80 à 90 % le poids des aliments, ce qui faciliterait leur transport en régions éloignées.
Également, cet outil permettrait de faire bénéficier les autres groupes de la communauté, tels que les sans domicile fixe, les centres de distribution d’aliments, etc.

Quelle est la place de Verdun avec ce projet au Québec ?
Ce projet, porté par l’école Riverview et sa communauté, est une première ! Nous sommes en campagne de financement et nous cherchons des partenaires ayant un réel souci pour l’environnement et le développement durable. N’oublions pas que le programme du club des petits déjeuners a démarré dans une école publique de Verdun et il est devenu une référence provinciale. Nous aimerions que notre projet suive le même trajet et qu’il puisse se multiplier à l’ensemble de la province.
Merci pour vos explications et il ne nous reste qu’à espérer que cette initiative rencontrera toute attention et appuie qu’elle mérite.


