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dimanche, mai 9, 2021

Onde de choc au prolongement du REM

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Yves d'Avignon
Yves d'Avignon
Journaliste de formation... En 44 années, je suis passé de commis à la rédaction à ce poste de "dispatcher" comme dirait mon employeur immédiat d'aujourd'hui, donc d'un quotidien papier à ce média hyper local verdunois. La fierté se lit dans la salle d'ExploreVerdunIDS.com

 

Revue de presse, Jean-Louis Fortin, Le Journal de Montréal, 23 février 2021

 

Les deux firmes d’architectes qui travaillaient avec la Caisse de dépôt pour le prolongement du Réseau express métropolitain vers l’est de Montréal ont récemment claqué la porte, car elles ne veulent pas être associées à un projet qu’elles jugent trop laid et qui risque de défigurer le centre-ville.

Un train perché sur de hauts piliers en plein boulevard René-Lévesque ? Cette perspective ne fait pas seulement l’objet d’un débat public. Ça brasse également derrière les portes closes à CDPQ Infra, la filiale de la Caisse qui gère le projet.

Notre Bureau d’enquête a appris que les réputées firmes québécoises Daoust Lestage Lizotte Stecker et STGM, dont les services avaient été retenus en novembre dernier pour réaliser la signature architecturale de la phase 2 du REM, ont démissionné dans les dernières semaines.

Selon nos informations, c’est spécifiquement la portion aérienne prévue entre la Gare Centrale et la rue Notre-Dame, sur René-Lévesque, qui a mené au divorce.

Après d’intenses discussions encadrées par de strictes ententes de confidentialité, les positions étaient irréconciliables.

« [Les firmes] avaient trop peur que leur nom soit associé à un projet qui pourrait faire des dommages à l’image de Montréal », résume une source bien au fait du dossier.

Daoust Lestage et STGM ont ainsi tourné le dos à un mandat prestigieux qui représente des millions de dollars en honoraires professionnels. Ces deux firmes accompagnent déjà la Ville de Québec dans son projet de tramway. Ironiquement, c’est Daoust Lestage qui avait dessiné le siège social de la Caisse de dépôt au centre-ville de Montréal, au début des années 2000.

Nouvelle stratégie

CDPQ Infra a confirmé hier avoir changé de stratégie, sans entrer dans les détails.

« Après avoir sondé le marché pour sélectionner une firme d’architecture, nous avons décidé de mandater un comité aviseur pluridisciplinaire composé d’experts indépendants et québécois pour participer à l’élaboration des lignes directrices prescriptives sur l’architecture », a déclaré dans un courriel le directeur des communications de CDPQ Infra, Jean-Vincent Lacroix.

Il assure que « l’intégration du REM [Réseau express métropolitain] de l’est doit être exemplaire au niveau de l’aménagement et de l’architecture, et inspirée des meilleures pratiques dans le monde ».

 

Des voix s’élèvent

Depuis l’annonce de la phase 2 du REM vers l’est, en décembre, des voix se sont élevées pour s’inquiéter de l’aspect visuel.

« Ça frappe, c’est des mastodontes de blocs de béton », a notamment affirmé la mairesse de Montréal, Valérie Plante, un peu avant les Fêtes, en référence aux structures érigées pour la phase 1 du projet entre le centre-ville, la Rive-Sud et l’ouest.

Au cours des 20 dernières années, Montréal s’est débarrassée de plusieurs voies en hauteur. Par exemple, une portion de l’autoroute Bonaventure a été ramenée au sol, et l’échangeur Des Pins/Du Parc a été démantelé. Selon la Caisse, il serait trop complexe et dangereux que le REM passe sous le boulevard René-Lévesque, en raison notamment de risques d’effondrement d’immeubles.

 

La phase 2 du REM en bref 
  • 32 km de long, dont 7 km souterrains et 25 km aériens
  • Coût: au moins 10 milliards $
  • 23 stations projetées
  • Une antenne vers le quartier Pointe-aux-Trembles et une autre vers le Cégep Marie-Victorin
  • Début projeté de la construction: 2023
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