Lorsque le monde s’arrête, il survient presque naturellement un profond besoin de retour aux sources. Ainsi, dans les derniers mois, plusieurs personnes ont replongé dans certains gestes que nous avions presque complètement oubliés suite à l’avènement de la technologie dans notre quotidien. Parmi ceux-ci : l’envoi de lettres et de cartes de souhaits écrites à la main.

Au cœur de l’isolement et de la perte de contact avec l’extérieur, ces bouts de papier colorés, parfumés, dessinés avec tendresse ont pris l’allure de missives d’espoirs pour un grand nombre d’aînés. Chargées de souvenirs de l’époque où la poste constituait l’un des seuls moyens de communication, les cartes de souhaits et les lettres ont notamment permis à plusieurs de rétablir ou de maintenir des liens avec leurs êtres chers.

Si recevoir une pensée par la poste représente un gage de joie pour celui qui la reçoit, il apporte également à celui qui la peaufine de sa main un profond sentiment de réalisation, d’accomplissement.  Alors que le temps file à toute allure dans nos vies personnelles et professionnelles, s’arrêter pour choisir son papier, sa carte, son crayon, des photographies à envoyer, quelques gouttes de notre parfum pour lui rappeler notre odeur fait office d’un rituel du don de soi avec lequel il fait bon renouer.

Chez Huma, nous avons cru bon de raviver la tradition du courrier manuscrit durant la pandémie.  Un peu comme nous le faisons habituellement dans le temps des Fêtes, des membres de notre équipe ont ainsi entrepris d’envoyer des cartes de souhaits à certains de nos clients.  Ce geste, bien que simple en apparence, a eu un impact considérable pour la plupart des destinataires. Ils avaient ainsi entre leurs mains, une preuve que la vie ne les avait pas totalement oubliés.  Qu’au-delà du virus qui paralysaient la planète et faisait disparaître plusieurs de leurs proches, il restait des gens, quelque part qui pensaient encore à eux.

Plusieurs familles ont également eu cette idée fabuleuse de faire parvenir des dessins d’arcs-en-ciel à grand-maman, des lettres d’aveux d’amour sincère à leur Papa, des cartes de vœux de santé et de bonheur à une tante aux soins palliatifs.  Cette résurgence de communications par la poste ravive la tendresse de la tangibilité. Conservé dans une boîte précieuse, le papier manuscrit offre une pause dans l’éternel. Il est le témoin palpable d’une main formant soigneusement des mots qui pourra être serrée contre un cœur en temps de grande solitude. Il transporte en ces fibres une partie de cette nièce, de ce gendre, de ces petits-enfants qui y ont posé leurs mains, mais surtout leurs empathies, leurs joies, leurs douceurs.

Bien que la société revienne progressivement à la normale, pourquoi ne pas conserver cette délicieuse tendance d’écrire aux aînés pour contrer leur solitude.  Il suffit de les imaginer, trouver un peu d’énergie, le cœur battant d’anticipation, pour aller cueillir un peu de nos partages  à la boîte postale.  Et si, comme le dit le vieux dicton, les paroles s’envolent et les écrits restent, nous pourrions ainsi assister à une superbe explosion de racines d’humanitude!

Manon Savoie

http://serviceshuma.com