La mémoire, même si elle est inscrite dans la devise officielle d’un pays, peut rester morte. Il faut l’incarner, la porter à bout de bras.

 

Texte de Marek Zielinski
Recherche de LUZ Garcia

Michel Poulin (ci-haut), vidéaste, documentariste et chercheur en arts médiatiques, est l’un de ceux qui, justement, la portent en bandoulière, à côté de sa caméra. Il s’est établi à Verdun il y a une quinzaine d’années. Pour l’eau, tout d’abord, qui rend notre coin si photogénique. Puis pour le « sens de la communauté très présent », comme il le dit.

« Verdun a une âme particulière qui s’anime et rayonne à travers la solidarité en action de ces concitoyens », ajoute-t-il. Dès le départ, il s’implique. La liste de ses initiatives est impressionnante et ne cesse de s’allonger : il cofonde le Festival jeunesse de Verdun ; il lance un mini-festival de court-métrage « Caméra Obscura » au café-galerie L’Oreille de Van Gogh (un établissement qui a fait date dans l’histoire de Verdun et qui mérite une présentation spéciale prochainement) ; il fait partie du comité sur les jeunes entrepreneurs ; il donne des formations en arts médiatiques à Toujours Ensemble et à l’école Lévis-Sauvé ; il est impliqué dans Demain Verdun (projets de développement durable).

« J’ai commencé mes études en anthropologie, se souvient-il… Et à travers des recherches sur la nature humaine (…), je voulais mieux comprendre ce qui anime l’existence humaine. J’ai poursuivi ma démarche académique en communication, et mes pas m’ont amené rapidement à utiliser la photographie, la vidéo et d’autres médias audiovisuels pour questionner le monde qui nous entoure. »

Et il ne cesse de le questionner depuis, tout de noir vêtu, arpentant les rues de Verdun et ses berges, l’œil collé à l’objectif de sa caméra. Le noir est cette couleur parmi toutes qui capte le plus de lumière… Et toute cette lumière captée, Michel la restitue sous forme d’images, de vidéos. Mais surtout, sur le plan humain, par sa générosité, son goût du partage, son engagement.

Michel-par-Claudia-2020-

Michel Poulin, une photo de Claudia (2020).

Il voyage beaucoup, visitant les endroits marqués par les conflits et les tensions sociales : Colombie, Mexique, Guatemala, Croatie, Bosnie-Herzégovine, les communautés autochtones de Québec. Sa caméra témoigne d’efforts incessants des habitants pour reconstruire, pour bâtir, pour faire prévaloir leurs droits, pour trouver la meilleure réponse à la question : comment vivre ensemble, malgré les différences et les divisions ?

Michel incarne l’esprit vagabond, bohémien à la limite. En vrai artiste, il a le sens de responsabilités. Envers le passé, en qualité de témoin à travers ses documentaires, et envers l’avenir. Laissons-lui le soin d’en parler : « J’ai offert des formations artistiques à des groupes de jeunes dans des projets de développement durable, au Mexique, en Colombie, dans des communautés autochtones. À Verdun, je me suis impliqué dans des projets éducatifs et artistiques auprès des jeunes de la communauté. Le fait de partager des connaissances est très stimulant ; il est motivant de participer à la transmission des savoirs et ainsi pouvoir semer une étincelle chez les apprenants, leur insuffler l’autonomie et le feu sacré de la créativité. »

Je vous invite à le découvrir sur ses pages Facebook et le web et rester à l’affût, car il prépare deux nouveaux projets très prometteurs pour cette année.

Pour la rubrique « Coup de chapeau aux gens de ma communauté ».

 

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Deux liens associés à Michel Poulin

De Courval Art Photo —  Et Aludel