Texte Pierre Lussier
Photo : Daniel Rochon
Avez-vous remarqué que la campagne électorale municipale de 2025 avait pour thème principal les prénoms, c’est important les prénoms parce qu’on les porte toute la vie. Les Verdunois ont voté un peu plus pour Soraya que pour Luc, Gilbert ou Craig. L’arrondissement s’est divisé en deux au chapitre des couleurs politiques, trois d’un côté et trois de l’autre à moins d’un recomptage.


Au-delà des prénoms si poétiques soient-ils, les enjeux de l’itinérance et de la crise du logement, la propreté en milieu urbain, la sécurité et la question de la mobilité et des pistes cyclables constituaient des thèmes récurrents pendant la campagne. La grève à la STM a eu pour effet de s’inviter dans le débat par la force des choses avec son cortège de critiques considérant le transport en commun comme un service essentiel. Sans service de métro et d’autobus, les résidents découvrent l’importance du transport en commun, ça devient aussi problématique que de manquer d’électricité pendant un match de la Série mondiale.
À la mairie de Verdun, deux femmes et un homme se disputaient le poste. De loin, Céline-Audrey Beauregard et Geneviève Desautels ont attiré la majorité des électeurs. En fin de soirée électorale et le lendemain, on s’est rendu compte des résultats très serrés entre nos deux candidates.
Recomptage ?
Devant l’ampleur du nombre de bulletins de vote rejetés (778) au poste de mairesse, sans oublier le cafouillage dans la soirée de dimanche, et la faible majorité (45) de la candidate en avance, y aura-t-il un recomptage ? Il semble que oui, mais ça dépend toujours du candidat et des partis politiques qui en font la demande à un juge. La candidate qui coiffera l’autre au fil d’arrivée sera élue. Je vois déjà les piles de bulletins de vote sur une table que le juge scrute quasiment à la loupe sous l’œil averti des témoins.
L’attente
Que de patience, il a fallu à ces deux dames pour attendre des résultats qui n’entraient pas. Céline-Audrey a cherché à savoir, tandis que Geneviève disait à ses proches, « on a fait tout ce qu’il fallait faire avec les moyens qu’on avait ». Oui, attendons de voir. Et il y a toujours des boîtes de scrutin qui n’étaient pas comptées. Pas de victoire confirmée, rentrons à la maison.
Quelques résultats
C’est Sterling Downey de Projet Montréal dans le district Desmarchais-Crawford qui a obtenu la plus forte majorité (1757) de tous les élus au poste de conseiller, suivi de Michèle Tremblay (1469) d’Ensemble Montréal dans le district de Champlain-Île-des-Soeurs. Tout comme Sterling, Benoit Gratton a profité de sa notoriété pour résister au mécontentement.
À L’Île, Véronique Tremblay, une politicienne aguerrie, a écopé du mécontentement des résidents de L’Île qui ont pris en aversion l’Administration Mauger dans le dossier du pumptrack et dans la volonté de densifier la population avec des développements résidentiels d’envergure aux portes du REM.
Voter ou ne pas voter ?
Le palier de gouvernement le plus près des citoyens ne semble pas préoccuper davantage les électeurs qui se déplacent moins pour voter au municipal qu’au provincial ou au fédéral. Notez qu’au niveau de l’élection de la mairesse de la ville centre, le taux de participation des électeurs a été de 37,7 % tandis qu’au niveau de l’arrondissement de Verdun, le taux de participation pour l’ensemble des postes électifs oscillait entre 41,23 % et 44,29 %.
On a tous hâte de célébrer, mais pour le moment, il faut respirer par le nez !


