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Mercredi, 26 août 2026

Verdun + Île-des-Sœurs
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Le gardien de Notre-Dame

Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski

Depuis 17 ans déjà, Laurent Dugas agit comme le système immunitaire de la vénérable église Notre-Dame des Sept douleurs de la rue Wellington. Il protège son identité, son caractère sacré, son histoire. Il ne laisse rien passer qui pourrait, d’une manière ou d’une autre, altérer la vocation des lieux. Il le fait souvent au détriment de sa propre santé, n’ayant pas pris de vacances depuis 17 ans. Il jongle avec plusieurs projets à la fois, allant de la programmation des expositions aux travaux de rénovation, particulièrement délicats compte tenu du patrimoine culturel et religieux que l’église représente.

Place à la musique! 

Depuis qu’il a pris le poste du Coordonnateur des opérations et des activités, l’église a accueilli plus de 200 milles visiteurs. Certains y entrent pour trouver le calme, d’autres pour admirer son architecture, d’autres encore par simple curiosité. Chaque mercredi de la mi-juin jusqu’à la fin d’août, les concerts gratuits attirent en moyenne entre 350 et 400 spectateurs, pour un total de 4000 à la fin de la saison. Au cours des années, ces concerts sont devenus incontournables pour les amoureux de la musique. Tous les genres sont proposés, allant de l’opéra au folklore en passant par celle des films. Le spectacle de clôture de la saison est en soi un événement : un ensemble des harpistes au répertoire riche et éclectique. Après une brève pause, la musique revient le 3 octobre dans la formule Concerts à la lueur des chandelles. Cette année, une série de 16 spectacles est déjà programmée.

Transformer et réaménager un sanctuaire

Une église aussi grande que la nôtre, c’est également toute une infrastructure à gérer. Le dernier projet d’envergure en date vient d’être complété il y a quelques mois (l’ascenseur), et déjà d’autres défis se pointent à l’horizon. Laurent en dresse une liste avec émotion comme si un papa parlait de ses enfants. Fenêtres à renforcer, vitraux bombés à redresser, une toilette tout accès à bâtir – tant à faire, mais il faut prioriser. Heureusement, le soutien populaire permet de mener les projets à terme, avec l’aide du Ministère du patrimoine. Laurent nous donne quelques chiffres qui traduisent l’ampleur de travaux à venir : 172k pour les toilettes; 250k pour aménager le sous-sol de l’église pour pouvoir accueillir les services qui seront bientôt délogés du presbytère, dont la vente est imminente. Le dossier du presbytère passionne Laurent, même si, techniquement, il n’y est pas impliqué. 

La plus grande fierté de Laurent est d’avoir fait de notre église un centre de la vie communautaire. Avec une armée de bénévoles, qu’il tient à saluer tout particulièrement, Laurent a redéfini la vocation d’un lieu de prière. Le nombre des visiteurs cité au début de l’article en témoigne bien. Mes grands-parents me disaient qu’une église, ce sont les souvenirs d’enfance, les odeurs de l’encens, la lumière dansante des bougies, le chant, la beauté du lieu. Aujourd’hui, même le non-croyant trouve de quoi s’émouvoir en visitant notre église – je parle bien évidemment de l’exposition, qui est devenue en soi une tradition estivale. Celle de cette année parle particulièrement à l’enfant en nous : Astérix, Obélix, Idéfix et toute la panoplie de personnages du monde des invincibles Gaulois. La conception et l’organisation des expositions relèvent des rencontres que Laurent fait au quotidien et qui génèrent une synergie entre multiples partenaires. Dans le cas d’Astérix, il faut mentionner Luc Vidal, un collectionneur passionné, et Philippe Sarrazin, le propriétaire de la Librairie de Verdun qui a gracieusement offert plusieurs albums. 

L’année prochaine risque de faire date dans l’histoire de l’église : l’exposition, déjà en préparation, soulignera les 100 ans du hockey à Verdun. On ne peut qu’anticiper avec joie et excitation les rencontres avec les anciens joueurs, ceux qui ont marqué par leur talent le hockey à Verdun. Nous en parlerons plus en détails plus tard dans l’année. 

Il est temps de quitter notre hôte – son téléphone ne lui laisse aucun répit – mais il suffit d’assister à l’un des concerts ou de visiter l’exposition pour apercevoir sa silhouette si familière. Pour cet ancien prof d’école, une église, avec ses bancs, est un peu comme une classe, avec des élèves sagement assis à contempler la musique. À notre époque, si prompte à effacer nos traditions et coutumes, l’église Notre-Dame des Sept douleurs est intemporelle, un vrai havre de paix dans le tourbillon du monde extérieur. 

Une journée dans la vie de Lauren Dugas:

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