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Jeudi, 30 avril 2026

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La députée de Verdun dénonce l’abolition du Programme d’expérience québécoise 

Alejandra Zaga Mendez a reçu de nombreux témoignages critiquant cette décision

Texte : Robert Leduc

Photographie : Archives

La députée de Verdun à l’Assemblée nationale du Québec, Alejandra Zaga Mendez, critique fermement l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) par le gouvernement de la CAQ, la qualifiant de « décision injuste qui crée une incertitude majeure pour les travailleurs et leurs familles établis au Québec ». 

Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), principale voie d’accès rapide à la résidence permanente pour les travailleurs temporaires et les diplômés du Québec, a été suspendu, puis aboli « pour être remplacé par un système de sélection plus restrictif ». 

Le parti d’opposition Québec solidaire, auquel appartient Madame Zaga Mendez, demande la réinstauration immédiate du PEQ, assortie d’une clause de droits acquis (qu’on appelle familièrement clause grand-père) pour ceux et celles venant d’ailleurs, qui avaient déjà commencé leurs démarches pour obtenir une résidence par ledit programme. 

Incertitude, précarité, exil 

La députée solidaire de Verdun affirme que « cette réforme a plongé des milliers de personnes déjà établies au Québec dans une grande incertitude, malgré leur intégration, leur emploi et leur maîtrise du français » ; tout en ajoutant que « l’absence d’une clause grand-père entraîne des situations de précarité, de séparation familiale et, dans certains cas, un exil forcé vers d’autres provinces ».

Toujours selon Alejandra Zaga Mendez, « mettre fin ainsi au PEQ touche tous les secteurs de l’économie, les grandes entreprises, comme les organismes communautaires, qui vont perdre une main-d’œuvre respectueuse ; soit des gens venus ici pour des raisons souvent économiques, qui ne demandent qu’à s’intégrer ».  

Plusieurs témoignages sont parvenus au bureau de la députée Zaga Mendez dans la foulée de cette décision contestée du gouvernement caquiste, commentaires non signés qu’elle tient à partager avec le lectorat du journal Explore Verdun-Île-des-Sœurs

En voici un premier : « J’ai laissé ma conjointe et mes deux enfants dans mon pays d’origine avec l’espoir de les faire venir pour leur offrir un meilleur avenir au Canada. Mes conditions pour passer du statut de travailleur à résident permanent étaient toutes réunies. Hélas, les règles concernant le permis de travail pour les conjoints ont été modifiées, me plaçant dans l’impossibilité de réunir ma famille. »

« Personnellement je me sens délaissée, dit une dame. Je suis dans l’impossibilité de parrainer mon conjoint, puisque le programme est gelé jusqu’à la fin du mois de juin. C’est une grande injustice. Ce serait une grande perte pour le Québec de nous forcer à déménager dans une autre province pour pouvoir enfin être réunis. »

« Ma famille et moi travaillons et contribuons à la société grâce à nos permis de travail, confie une Verdunoise d’adoption. Nous sommes actifs et engagés dans notre collectivité. Or, la fermeture annoncée du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), la réduction des quotas de sélection et l’absence de clause de droits acquis créent une grande inquiétude pour des familles comme la nôtre. »

Une autre résidente temporaire, éducatrice en petite enfance et bénévole engagée dans la vie communautaire verdunoise écrit : « Mon parcours au Québec est marqué par un profond engagement, mais aussi par une grande incertitude administrative liée à mon statut d’immigration. Mon permis arrive à échéance dans 15 mois, et malgré mes efforts, les règles du PEQ semblent s’être durcies, sans clarté. »

Un autre homme écrit : « Je travaille dans le secteur public, ce sont donc des fonds québécois qui couvrent les frais de renouvellement de mon permis de travail temporaire. Le Québec préfère dépenser quelques milliers de dollars par an pour me maintenir dans un statut temporaire, plutôt que de me permettre d’accéder à la résidence permanente. » 

Mobilisation et solidarité

Il faut dire que cette décision gouvernementale, dans un domaine aussi complexe que celui de l’immigration, arrive dans un contexte politique particulier : La Coalition avenir Québec (CAQ) est en pleine campagne à la chefferie, ce qui amènera un changement au poste de premier ministre le printemps prochain, avant les élections prévues en octobre. 

Alors que le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, semble vouloir garder la ligne dure dans le dossier, et que même l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a pris une position favorable au maintien du PEQ, la députée Alejandra Zaga Mendez demande à toute la population verdunoise de se mobiliser et de faire preuve de solidarité en portant le cœur bleu, symbole de cette contestation citoyenne.

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