Texte et photos : Daniel Rochon
Professeur à l’école Notre-Dame-de-la-Garde et surfeur passionné, Jérémie Gauthier-Lacasse s’apprête à prendre part à la Classique de la vague à Guy 2025, le 27 septembre prochain, à LaSalle. Retour sur le parcours singulier d’un athlète pour qui l’eau est devenue le terrain de jeu d’une deuxième vie.
Jérémie Gauthier-Lacasse a découvert le surf il y a une quinzaine d’années. Sa première expérience s’est faite en voyage à Hawaï avec des amis. À leur retour, une activité de rafting sur le fleuve Saint-Laurent a changé le cours de sa vie : un guide leur a montré la « vague à Guy » , expliquant que de nombreuses personnes surfaient parfois à cet endroit. Intrigué, Jérémie appelle aussitôt un ami : « On peut surfer à Montréal ! ». Les deux se rendent à la boutique Sharks, à Laval, et achètent une planche, à partager. Rapidement, c’est Jérémie qui s’approprie la passion, alors que son ami délaisse l’activité.
À l’époque, Jérémie était encore étudiant au cégep et sa vie tournait autour du football. Joueur au Collège André-Grasset, il intègre ensuite l’équipe de McGill. Mais des commotions cérébrales viennent mettre fin prématurément à sa carrière. « Tout le temps que j’investissais dans le football s’est transformé en temps pour le surf. Ça a été le deuxième grand amour de ma vie », raconte-t-il.
Privé de sport de haut niveau, il se remet aussi en question sur le plan académique. Il explore différents programmes à l’Université de Montréal, à l’UQAM et même à la TÉLUQ : études théâtrales, écologie physique, enseignement d’éthique et culture religieuse… Le fil conducteur finit par s’imposer : l’enseignement de l’éducation physique, un rêve d’adolescent qu’il assume pleinement.
Son parcours professionnel prend forme grâce à une première expérience au Centre François-Michelle, une école spécialisée accueillant des élèves ayant une déficience intellectuelle légère à modérée. « J’ai compris que, dans le bon contexte, je pouvais aimer enseigner », confie-t-il. Cette découverte l’amène à compléter son baccalauréat et à décrocher un poste à l’école primaire Notre-Dame-de-la-Garde, à Verdun. Aujourd’hui, il y travaille comme enseignant en ressources, soutenant individuellement des jeunes élèves. « C’est exactement ce que j’aime faire », dit-il, reconnaissant de la chance qu’il a eue de trouver un milieu aussi inspirant.
En parallèle, le surf continue de rythmer sa vie. Présent presque quotidiennement à la vague à Guy, Jérémie a même organisé ses propres « Olympiades ». L’objectif : rapprocher les différents groupes de surfeurs qui fréquentaient le site. « Je voyais toutes sortes de petites cliques, mais elles ne se connaissaient pas entre elles. Je voulais créer un événement rassembleur », explique-t-il.
Cette implication naturelle dans la communauté du surf le mène aujourd’hui à participer à la Classique de la vague à Guy 2025. Pour lui, l’inscription allait de soi. « Sinon, tout le monde m’aurait demandé pourquoi je n’étais pas là. Je fais un peu partie des meubles » lance-t-il en riant. S’il est conscient que la relève est solide, il se dit heureux de faire partie du peloton. « C’est avant tout une belle journée entre amis, une occasion de jouer dans l’eau et de partager ce qu’on aime. Si j’avais été dans les estrades, je me serais sûrement dit que j’aurais dû m’inscrire. »
Classique Vague à Guy 2025, samedi le 27 septembre de 9 h à 19 h, à la Vague à Guy, localisé Boulevard LaSalle, entre les rues Gagné et Raymond.
Info : surgrandmontreal.org





