Un billet de Jean-Guy Marceau

 

Même si Noël risque d’être fort différent cette année, à cause de ce que vous savez, il est probable que plusieurs d’entre-nous, allons compenser cette situation, cette différence, par l’achat de cadeaux, beaucoup de cadeaux. Personne pour les déballer cependant. Il faudra « réinventer » (plus capable cette expression) la façon de distribuer les étrennes de Santa Claus.

 

On économise sur le réveillon, le party, la boisson, la robe en paillettes roses et l’habit de chez Ernest, ça nous permet d’être plus généreux. On décide d’ouvrir notre cœur et notre portefeuille. À notre meilleur ami un bon gin du Québec, c’est très tendance, et en plus il adore. Des bulles pour le frère et du Grand Marnier pour la belle-sœur italienne. Assez pour la boisson. Passons à autre chose. Vous aimez lire ? Moi aussi, le dernier Michel Tremblay à Charles, la biographie de Patsy Galant à ma tante Germaine et celui de Trump à mon doc. Pas fini ? Y a les jouets pour les petits, les « gugus électroniques » pour fiston, les certificats cadeaux pour ma sœur, ma belle-fille et mon ex. Ma mère dit qu’elle ne veut rien, mais je ne suis pas certain, je ne prends pas de chance : un téléphone, un casse-tête et un gros tupperware de sauce à spag maison.

 

Je vous épargne la nomenclature des autres cadeaux qui sont, somme toute, plus personnels, plus secrets, plus intimes. Non, je ne vous dis rien, je vous propose d’utiliser votre imagination. Bref, lorsque que je vais distribuer mes surprises à Noël, savamment masqué, mes proches me diront tous et toutes : T’aurais pas dû ! Et lorsque le 10 janvier 2021, je recevrai le relevé de Mastercard, je me dirais… bien oui… j’aurais pas dû !

 

Vous devinez que je blague ; j’ai l’intention cette année d’offrir des cadeaux plus simples dans le plus bel emballage qui soit, de l’amour et de l’amitié. Si on pouvait acheter la santé, j’en achèterais une caisse à distribuer aux plus souffrants. Si on pouvait acheter du bonheur, j’en déposerais sous tous les sapins de toutes les maisons. Si on pouvait acheter des années, j’en donnerais bien à ceux et celles qui ne veulent pas nous quitter. Si on pouvait acheter l’éternité… ça c’est trop long, je passerais mon tour !

 

Les choses les plus importantes ne s’achètent pas, aucune chance de trouver leurs traces dans notre relevé de compte de carte de crédit.

 

C’est simplement parce qu’elles n’ont pas de prix.

 

PS : Ajouts au dessin. Merci à Bulk Barn et Marché Branche d’Olivier, de la Promenade Wellington, à Verdun.