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Jeudi, 25 juin 2026

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Indices en baisse, pression en hausse : la réalité des familles verdunoises

Lettre ouverte 

Pour plusieurs familles verdunoises, la fin de l’année scolaire ne marque pas seulement le début de l’été. Elle ouvre aussi une période de calculs serrés : payer un camp de jour, organiser les repas pendant les vacances, prévoir le transport, puis absorber, en août, le coût des fournitures scolaires.

À cette pression s’ajoute celle du 1er juillet. Dans le secteur Wellington–de-l’Église, plus du tiers des ménages locataires consacrent déjà plus de 30 % de leur revenu au logement. Dans ce contexte, une hausse de loyer, un déménagement forcé ou un logement devenu trop cher peut rapidement fragiliser tout un équilibre familial.

Quand le loyer prend trop de place dans le budget, ce sont les autres besoins essentiels qui écopent : l’épicerie, les activités, le transport, la rentrée scolaire. Pour trop de familles, l’été ne commence pas par une pause, mais par une série de choix difficiles.

Des indicateurs à lire avec prudence

Cette réalité doit aussi nous amener à regarder avec prudence les changements récents aux indices de milieu socioéconomique (IMSE) et de seuil de faible revenu (SFR) dans certaines écoles de Verdun.

À l’École secondaire Monseigneur-Richard, par exemple, l’IMSE est passé du rang décile 7 en 2024-2025 au rang décile 6 en 2025-2026. Sur papier, cela signifie que l’école n’est plus classée parmi les milieux défavorisés selon cet indicateur, alors qu’elle accueille toujours plus de 1500 jeunes et demeure au rang décile 9 pour le seuil de faible revenu.

Ces indicateurs sont importants : ils permettent de reconnaître les milieux qui vivent davantage de défavorisation et d’orienter certaines ressources. Mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire. Une baisse d’indice peut éventuellement fragiliser l’accès à certains soutiens, alors que les besoins observés sur le terrain — alimentation, accompagnement, stabilité, persévérance scolaire, santé mentale, intégration des jeunes issus de l’immigration et liens avec les familles — demeurent bien présents.

Chez Toujours ensemble, qui accompagne les jeunes et les familles de Verdun depuis plus de 45 ans, l’expérience terrain nous rappelle une chose essentielle : les besoins ne disparaissent pas parce que les indicateurs changent. Ils se transforment, se déplacent parfois, mais restent bien réels dans le quotidien des jeunes et des familles.

Ne pas laisser les chiffres parler seuls

Les conséquences d’une lecture strictement statistique sont concrètes. Moins de ressources peut vouloir dire moins de soutien aux devoirs, moins d’activités accessibles, moins de présence adulte autour des jeunes et moins de liens entre l’école, les familles et les organismes du quartier.

Pour un jeune, ces liens peuvent faire toute la différence : un repas chaud, un lieu où aller après l’école, un adulte significatif à qui parler ou simplement un espace où se sentir attendu.

À l’approche des élections provinciales, trois priorités méritent d’être mises de l’avant : rendre les repas scolaires, les camps de jour et les activités parascolaires réellement accessibles; soutenir durablement les partenariats entre les écoles, les familles et les organismes communautaires; et compléter les données statistiques par l’expertise du terrain.

À Verdun, les chiffres peuvent changer. Mais les besoins, eux, demeurent.

Melissa Bellerose

Directrice générale

Toujours Ensemble

Les personnes qui souhaitent mieux comprendre ces indicateurs peuvent consulter la page « Indices de défavorisation » sur Québec.ca, où le ministère de l’Éducation explique la méthodologie de l’IMSE et du SFR et publie les données par école : https://www.quebec.ca/education/indicateurs-statistiques/prescolaire-primaire-secondaire/indices-defavorisation 

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