Recherche et entrevue par Marek Zielinski
et Luz Garcia de Zielinski
Photo : exposition ariane valade
Crédit: Daniel Rochon
La nouvelle année commence par une exposition exceptionnelle au Quai 5160. Nous avons rencontré l’artiste qui est derrière pour nous en parler et lever un coin de voile sur un monde fascinant de l’art imprimé.

En quelques mots, qui est Ariane Valade ?
Je suis une artiste visuelle travaillant principalement dans le domaine de l’art imprimé et du textile depuis 2020. Titulaire d’un Baccalauréat en design de mode de l’UQAM (2011), j’ai notamment eu une expérience à l’Opéra National de Paris, Palais Garnier (2010), qui a profondément marqué mon approche de l’art. Parallèlement à ma pratique artistique, je travaille à la création de costumes et de design textile pour l’industrie cinématographique et les arts de la scène.
Plusieurs artistes m’inspirent, mais je considère Mylène Boisvert et Katherine Paré, de l’Atelier Textile, comme de précieuses mentores.
Du 10 janvier au 8 mars, vous exposez au Quai 5160 de Verdun. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?
« Découper le paysage » interroge la trace humaine dans l’environnement et notre capacité à en préserver la mémoire. Par un travail méticuleux d’arts imprimés et de travaux à l’aiguille, je décompose et recompose des paysages parfois disparus ou imaginaires, révélant les marques que nous y laissons.
Le projet a pris forme suite à une résidence initiée par L’Artothèque, mais, pour le Quai 5160, le projet est repensé de façon à renouveler sa portée, favorisant la rencontre et la réflexion collective.
Selon vous, comment se situe Verdun sur la carte culturelle au Québec ?
L’équipe du Quai 5160 est particulièrement dynamique dans les projets développés, notamment avec la SDC Wellington, ainsi que la belle programmation de la Maison de la Culture. Pour les artistes, nous gagnerions à avoir des espaces de travail subventionnés, comme le Chat des artistes ou des centres d’arts de production et/ou diffusion.
Je dois ajouter que nous vivons à Verdun depuis bientôt dix ans. Nous avons été charmés par l’accès aux berges du fleuve Saint-Laurent, les pistes cyclables, dont celle du canal de l’aqueduc et les grands parcs.
Parlez-nous de votre projet en Asie.
Je suis actuellement en résidence internationale au Musée d’art de Gwangju, en Corée du Sud. J’y développerai un dialogue entre des savoir-faire artisanaux (broderie à la main, sérigraphie, tissage, cyanotype) et des produits à usage unique (emballages, gants de travail, serviettes de table, etc.). Mon intention est de brouiller les frontières entre geste manuel et fabrication industrielle et de revaloriser des objets de faible valeur à fort impact environnemental.
Pendant les deux mois de résidence, je tiendrai un journal quotidien dans lequel je consignerai mes essais, observations et recettes.
Ce projet croisé entre le Musée d’art de Gwangju et l’Atelier Circulaire, pour lequel l’artiste Tucker Kapp et moi-même avons été sélectionnés, a reçu le précieux soutien du Conseil des arts de Montréal.
À mon retour de Gwangju, je serai de nouveau en résidence d’artiste à la Bibliothèque de la Plaine à Terrebonne, avec ma collègue Dominique Desbiens. Ce projet est réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Québec et de la ville de Terrebonne dans le cadre de l’Entente de développement culturel.
Au printemps 2026, j’aurai également le privilège de co-créer aux côtés de l’artiste textile Valérie Gobeil ainsi que des membres de la Maison d’Haïti dans le cadre d’un projet initié par L’Artothèque et soutenu par le Conseil des arts de Montréal.
Aimeriez-vous ajouter quelque chose d’autre pour nos lecteurs ?
Dans ce monde en chute libre, je crois que les arts s’avèrent toujours plus nécessaires. Ils nous permettent de conserver notre capacité de réflexions, notre rapport critique, de nous émouvoir et de revendiquer. L’accès à la culture que Quai 5160 nous offre si généreusement est un privilège. Profitons-en !




