-7.6 C
Montréal
Mercredi, 11 février 2026

Verdun + Île-des-Sœurs
NOUVELLES

Emanuel Zetino, le curé de L’Île-des-Soeurs, a rencontré les deux papes! 

Texte et photo d’Emanuel Zetino : Carole Pelletier

L’homme est chaleureux et sympathique. Il reçoit votre collaboratrice dans son petit bureau de l’Église Sainte-Marguerite-Bourgeoys de L’Île-Des-Sœurs pour une conversation à bâtons rompus. Il s’agit d’Emanuel Zetino, curé de la paroisse depuis septembre 2022.

Vous avez toujours voulu être prêtre ?

La vocation est venue très tôt, mais elle a été doublée d’une enfance heureuse et d’études bien normales. Je suis le troisième d’une famille de quatre enfants. Je suis né au Québec ; mes parents viennent du Guatemala. Les traditions familiales et la communauté sont importantes pour nous.

 À dix ans, j’étais enfant de chœur à la paroisse Notre-Dame de Guadalupe. Notre curé était une inspiration pour moi ; sa bonté, son sourire m’ont convaincu que le sacerdoce pouvait contribuer à une communauté bien vivante à travers ses bonheurs et ses moments plus difficiles. Après le CÉGEP, j’ai été admis au séminaire. Je me souviens d’une conversation téléphonique avec notre évêque d’alors.

 À ma demande, il a finalement accepté de tenir la cérémonie d’ordination à la Cathédrale de Montréal. « Vous serez le seul, alors il faut la remplir, cette Cathédrale ! Vous pensez pouvoir faire ça ? » Tout ému et sans plus réfléchir, j’ai dit « oui » pour finalement réaliser que c’était une grosse commande. La communauté francophone et hispanophone s’est rassemblée. 

Nous étions plus de 1000 personnes lors de l’événement, à la grande surprise de l’évêque. Le lendemain de mon ordination, je suis allé visiter mon ancien curé qui était aux soins palliatifs. « Ma mission se termine et la tienne commence », m’a-t-il dit. Et c’est sur cette dernière bénédiction que ma première mission a débuté.

Comment ça s’est passé par la suite ?

J’ai été affecté à différents ministères. J’ai appris mon rôle. J’étais vicaire depuis déjà trois ans à la Cathédrale de Montréal quand on m’a demandé de prendre le poste de curé à la paroisse Sainte-Marguerite-Bourgeoys. J’ai accepté avec joie. C’est ainsi que j’ai entrepris mon nouveau mandat de six ans en septembre 2022 ; je m’occupe également des résidences pour personnes âgées Livelia et Ambiance. 

Quels sont les grands principes sur lesquels vous fondez votre action ?

Je crois fermement que Dieu nous accompagne à tous les moments de notre vie. Il est présent partout, dans la joie et la tristesse ou dans nos moments d’incertitude. Il est important de s’adapter à la vie de la communauté et d’y participer. À la paroisse, lors du retour à l’école, on bénit les sacs d’école ; on organise des fêtes et des concerts. Tous sont invités à y participer.

 Nous avons une vingtaine d’enfants de chœur en plus des 90 enfants qui viennent à la catéchèse une fois par mois, accompagnés d’un proche ; ça donne lieu à de belles discussions. Le dialogue est d’ailleurs clé. C’est lui qui permet un esprit communautaire bien vivant. D’autres notions, comme celle du pardon, tant à soi-même qu’aux autres, et celle de la réconciliation passent par le dialogue et permettent de reconnaître et d’apprécier les points que nous avons en commun plutôt que nos différences. 

On me dit que vous avez rencontré non pas un mais deux papes ?! 

J’ai eu ce grand privilège. En février 2024, le Pape François était déjà bien malade ; il était dans son fauteuil roulant. Il a béni la marguerite en bronze qui est maintenant dans notre église. En 2025, on m’a demandé d’accompagner Monseigneur Simard, qui devait se rendre en pèlerinage à Rome avec des représentants de la communauté autochtone. 

En septembre, j’ai donc rencontré le Pape Léon, dont c’était l’anniversaire ce jour-là. C’est à la fois émouvant et impressionnant de rencontrer les pasteurs de notre église catholique. Pour moi, ce sont à la fois des images paternelles et, d’une certaine manière, ce sont aussi des collègues qui veillent sur notre communauté comme le curé le fait sur ses paroissiens.

 C’était aussi spécial parce que je partage des racines hispanophones tant avec le Pape François, argentin, qu’avec le Pape Léon qui a beaucoup œuvré en Amérique du Sud. Nous avons échangé quelques mots en espagnol et, en bon hispanophone, j’ai demandé un « abrazo ». J’ai donc eu droit à deux accolades papales bien chaleureuses.

Noël s’en vient. Y a-t-il beaucoup de choses prévues pour le célébrer ?

Nous sommes déjà bien avancés dans les célébrations de l’avent : la Noche de las Velitas (la nuit des petites bougies) a eu lieu le 7 décembre ; la catéchèse pour les enfants s’est tenue le 13 et le concert de la chorale Chantefleurs le 14. Mais, nous aurons droit à trois belles messes de Noël le 24 décembre : à 15 h en espagnol, à 17 h en français et en espagnol et à 19 h en français. Tous sont bienvenus !

Pour en savoir plus sur la paroisse et ses activités : https://www.paroissesmb-ids.org/

Abonnez-vous au magazine Explore

Chaque dimanche matin, recevez la revue des actualités de la semaine sous forme de magazine

Articles récents