Texte Pierre Lussier
Photos: Jacques Northon
C’est dans un lieu de culte qui porte bien son nom, l’église de L’Épiphanie, en hommage à la visite des Rois Mages dans la tradition chrétienne, que les neuf candidats et candidates ont livré tour à tour leurs engagement à la foule entassée au sous-sol de cette église de la rue Wellington.



Cet exercice démocratique organisé par la Concertation en Développement social de Verdun, a tout de même permis d’éclairer la lanterne de quelques indécis dans la salle, et de renforcer les convictions des amis et supporters des candidats qui applaudissaient à tout rompre leur poulain sur la scène, après chaque intervention.
Malgré sa durée limitée, la rencontre a vu défiler les neuf candidats au micro. Par la suite, la période de questions a amené des responsables d’organismes communautaires et de nombreux électeurs à se mettre en rang pour obtenir des précisions. L’animateur Michel Pierpaoli a mené de main de maître l’exercice sans élever la voix et sans heurt avec qui que ce soit.
Qui suis-je ?
Le premier tour a permis à chacun des candidats de se présenter et de décrire sommairement les enjeux qui les ont incités à s’engager. Des commentaires tels ceux d’ Elena Kozynchenko du Parti Québécois qui a rappelé son engagement à l’égard du Québec et de la langue française, Lucien Koty du Parti conservateur (PCQ) sur l’élaboration d’un nouveau modèle pour le Québec, au filet social avec la députée sortante Alejandra Zaga Mendez de Québec solidaire (QI), de la coopération et de la collaboration pour Antoine Dionne-Charest du Parti libéral du Québec, de l’importance du transport collectif pour Victoria Shahsavar-Arshad du Parti vert (PV), au candidat du Parti communiste (PC), de Manuel Johnson qui ne fait pas de promesses et est internationaliste, en passant par Marc-André Ouellete de Québec innovant qui prône la rétroaction avec les citoyens par des assemblées quatre fois par année tandis que le candidat Matthieu Deutté Brien, de Climat Québec, veut qu’on déclare l’indépendance.
Le secteur communautaire crie famine
Les représentants du secteur communautaire ont parlé du sous-financement des organismes dont les besoins augmentent d’année en année. Normand Chouinard du PML affirme qu’on doit arrêter de payer les riches qui ont détruit le système de santé tandis que Lucien Coty du PC explique qu’on débourse plus d’argent mais qu’on a moins de services et trop de règlements.
Alejandra Zaga Mendez de QI estime qu’il faut hausser le financement des organismes communautaires, aller chercher plus d’impôts dans les revenus des ménages qui gagnent 25 millions $ et plus (4 000 ménages), tout en augmentant à 20$ / l’heure le salaire minimum.
Elena Kozynchenko du Parti Québécois insiste pour dire qu’on ne doit pas couper dans les organismes communautaires, on doit les financer selon leur mission et leur laisser gérer selon leurs choix C’est plutôt dans la bureaucratie qu’il faut couper.
La crise du logement toujours aussi préoccupante
La deuxième question est venue du Comité d’action des citoyennes et citoyens de Verdun (CACV) à propos de la crise du logement et du triste record de Verdun qui compte le moins de logements sociaux de tous les arrondissements de Montréal.
Victoria Shahsavar-Arshad du PV, a insisté en affirmant qu’il y a un réel problème à Verdun où il faut plus de logements tandis que Manuel Johnson du PC a parlé de crise humanitaire et de la nécessité d’une économie planifiée pour régler le problème de logement.
Pour sa part Marc-André Ouellete de Québec Innovant a cité l’exemple autrichien pour l’émergence de différents types de logements tandis que Antoine Dionne-Charest du PLQ a affirmé ne pas avoir de baguette magique pour résoudre la pénurie de logements, mais il a précisé que le programme de son parti prévoit une cible de 20% de logements hors marché alors qu’on est à 4 % actuellement à Verdun.
À une question sur le manque de place dans les écoles, Elena Kozynchenko du PQ affirme vouloir les accroître et les rendre plus accessibles, et soutenir les étudiants. Elle a aussi parlé de gratuité dans l’accès à la culture sans oublier les classes de francisation. Alejandra Zaga Mendez souhaite pour sa part hausser le financement de l’éducation et s’assurer que les enfants n’arrivent pas le ventre vide à l’école.
D’ailleurs au niveau du droit à l’alimentation, une suggestion du candidat Marc-André Ouellette de Québec Innovant a insisté pour dire qu’on doit taxer le sucre et il a parlé de la nécessité d’établir un système de récupération de nourriture encore comestible mais qu’on voudrait jeter dans les chaînes d’épicerie.
Le public veut savoir
Les questions du public ont touché divers aspects de la vie socio-économique et culturel de Verdun, sans oublier la santé, l’immigration, l’itinérance, le mode de scrutin et l’ascenseur dans le métro !
L’accessibilité au métro pour les personnes à mobilité réduite implique l’installation d’ascenseurs et ça coûte cher, d’où un meilleur financement du transport en commun par Québec. Lorsqu’on lui a posé la question du vote proportionnel, Antoine Dionne-Charest a dit être plutôt d’accord pour un vote préférentiel qui permettrait à l’électeur d’indiquer un 2e choix sur son bulletin de vote.
À propos des droits des homosexuels, Alejandra Zaga Mendez a dénoncé les discours haineux peu importe l’orientation sexuelle des personnes. Celle-ci a insisté pour ne pas couper le filet social aux immigrants en attente de décision, tandis qu’Antoine du PLQ a parlé de rendre plus disponibles les ressources et de ne pas restreindre à six mois l’usage d’une autre langue que le français pour communiquer avec les immigrants, s’opposant ainsi à un article de la Loi 96. Le candidat du PLQ s’est dit étonné de voir qu’il n’y avait pas de poste de police à L’Île-des-Soeurs.
Elena Kozynchenko, candidate du PQ, a réaffirmé qu’on est dû pour un changement de gouvernement, tandis que la députée sortante et candidate de QI a parlé d’une opposition efficace et que le candidat du PLQ a souligné le fait qu’on a encore la possibilité de discuter.


