La sempai du dojo Shinkyokushin Karaté Île-des-Sœurs s’impose au Karate Dream Festival 2026
Par: Juliana Zerda
Quinze ans d’entraînement, des milliers de répétitions et un voyage jusqu’à Tokyo : Joanie Roussy a couronné son parcours par une médaille d’or.

Les 18 et 19 juillet derniers, la sempai et directrice du dojo Shinkyokushin Karaté Île-des-Sœurs a remporté la première place en kata, dans la catégorie féminine des 30 à 39 ans, au Karate Dream Festival 2026 International Championship, à Tokyo. Elle est l’une des trois athlètes canadiens à être montés sur le podium lors de cette édition du championnat.
Dans le monde du Kyokushin, un style de karaté japonais reconnu pour son exigence physique, sa discipline et sa philosophie de dépassement de soi, cette compétition internationale représente un rendez-vous majeur. Organisé par la World Karate Organization Shinkyokushinkai, le championnat réunissait des athlètes de dizaines de pays dans plus de 230 catégories.
« Monter sur le tatami de Yoyogi, devant les meilleurs katas du monde, c’était déjà une victoire. Entendre mon nom à la première place, c’est quinze ans de travail qui prennent tout leur sens. » dit Joannie.
Mais cette médaille, Joanie ne la considère pas comme une réussite individuelle, « Je le partage avec mon dojo et avec toutes les femmes qui s’entraînent avec moi à L’Île-des-Sœurs. »
Des femmes qui prennent leur place
Si les femmes sont aujourd’hui nombreuses à pratiquer le karaté, leur présence dans les arts martiaux s’est construite progressivement. Pendant longtemps, les dojos et les compétitions étaient principalement associés aux hommes. Au fil des décennies, les femmes ont toutefois pris leur place comme athlètes, enseignantes, arbitres et dirigeantes.
Pour Joanie, cette évolution se poursuit très concrètement sur le tatami de L’Île-des-Sœurs. Depuis plusieurs années, elle anime notamment des séances destinées aux femmes, avec une approche qui ne repose pas nécessairement sur la compétition.
« Je veux que les femmes qui arrivent au dojo se sentent à leur place, même si elles n’ont jamais fait d’arts martiaux. Le karaté peut être un formidable outil pour développer la confiance, la force et la discipline. »
Cette volonté de rendre le karaté accessible s’inscrit au cœur de la mission du dojo.
Un dojo au cœur de L’Île-des-Sœurs
Fondé en 2011 par Alexandre Haché et Joanie Roussy, le dojo Shinkyokushin Karaté Île-des-Sœurs a accompagné plus de 500 enfants et adultes depuis ses débuts.
Pour Alexandre Haché, sensei et cofondateur, la médaille de Joanie représente aussi la réussite d’une communauté. « Joanie incarne ce que nous enseignons depuis 2011 : la rigueur, l’humilité et le courage de se présenter. » Et surtout, ajoute-t-il, son parcours peut devenir une source d’inspiration pour la prochaine génération. « Son résultat à Tokyo montre aux jeunes du dojo, et surtout aux filles, que le chemin est ouvert. »
C’est peut-être là que réside la plus belle portée de cette médaille. Dans un dojo, les enfants et les débutants observent ceux qui les précèdent. Une ceinture noire qui avance, tombe, recommence et finit par atteindre un objectif devient naturellement un modèle.
Une championne qui n’était pas destinée au karaté
Le parcours de Joanie est d’ailleurs loin d’être linéaire. Éducatrice de la petite enfance de formation, elle a pratiqué le soccer, le patinage artistique et le volleyball avant de découvrir le kick-boxing en 2010.
Un an plus tard, elle fait la connaissance du karaté Kyokushin et participe avec Alexandre Haché à la fondation du dojo de L’Île-des-Sœurs. Quinze ans plus tard, elle se retrouve au Japon, représentant le Canada sur l’une des plus grandes scènes internationales du Shinkyokushin.
Son parcours illustre une philosophie chère au Kyokushin : la progression ne se mesure pas seulement à la victoire, mais à la capacité de continuer à avancer.
Elle est maintenant de retour à L’Île-des-Sœurs, là où son parcours a commencé, avec une médaille d’or autour du cou et, déjà, l’envie de transmettre. Car son plus beau rôle sera peut-être celui qu’elle joue chaque semaine dans son dojo : celui de sempai, de professeure et de modèle pour les femmes et les jeunes qui commencent à peine leur propre chemin.
Pour savoir plus sur le dojo Shinkyokushin Karaté Île-des-Sœurs rendez-vous sur : Karaté IDS


