16 ANS ! Entre le rêve et la réalité
J’ai 16 ans. J’étudie à l’école secondaire Mgr-Richard et j’en suis fier. Je suis né pour courir après les bus et les rêves. J’habite Verdun, ville où l’air a le goût des histoires et où je peux prétendre que ma ville est authentique et attrayante. Je suis relativement dynamique, je passe de la chambre à la cuisine en moins de trois secondes lorsque qu’on annonce le dessert. Je dirais que je suis studieux, je révise tellement que mes cahiers commencent à réclamer des vacances. Pour moi la réussite c’est dans mon ADN, je travaille fort et ça marche. Mon école encourage le sport, avec mes chums, c’est fou ce qu’on s’éclate, on en oublie même nos cell, c’est peu dire.
Mon avenir m’effraie un peu. Pas parce qu’il est sombre, non, mais parce qu’il pourrait inclure des décisions importantes comme choisir entre la carrière qui paie bien ou celle qui répondra à mes idéaux écologistes et environnementaux… ou encore explorer mon côté scientifique, inventant la machine à rendre les légumes vraiment délicieux. Hélas, parfois, j’imagine juste un futur où je dois expliquer à un robot pourquoi la pizza est meilleure (surtout celle du 900) que la salade.
Ma vie est belle. Déjà le reconnaitre à 16 ans, c’est pas évident. Elle est bien réglée : entre un entrainement où je négocie avec mes muscles qui ont l’air de sacs de sable ou de panse de souris et une soirée d’étude chez Ben où mon cerveau trie des formules comme on trie des chaussettes (les paires se trouvent rarement).
Verdun m’offre le décor parfait : des parcs attrayants, un bord de l’eau unique, des rues tranquilles (surtout dans Crawford, mon quartier) pour réfléchir aux grandes énigmes : dois-je continuer mes études ou devenir influenceur de contenu bonbon sur TikTok ? Ou passer mes après-midis au café St-Henri à observer les passants et les clients, en prenant des notes secrètes pour mes futurs romans? La vie m’appartient. C’est long une vie !
Je suis honnête jusque dans mes rêves. J’admets que j’ai parfois peur d’échouer, anxiété de performance, de me tromper, de choisir la mauvaise option. J’ai cependant la certitude que j’apprends plus en essayant et en riant que rester immobile à regarder les autres avancer.
Alors je cours, j’étudie, je m’entraine et je prends soin de ma petite amie Sophie. Je lis et garde mon sens de l’humour, parce que si l’avenir est un peu effrayant, il est au moins divertissant…Qui sait ? Peut-être qu’un jour, je serai assez courageux pour affronter mon destin.


