Une œuvre de Jacques Bilodeau et Claude Cormier et associés

Le Devoir (24 octobre) – Elle a de la classe, du rythme et, malgré un apparent minimalisme, un potentiel narratif prompt à nous envoyer ailleurs.

Sur l’eau, pour être précis. Sa succession de marbres blancs, couchés ou debout, fait d’Au grand dam un rendez-vous nécessaire en temps de confinement. Contemplative et participative, elle stimule autant l’imaginaire que le corps.

Par un jeu de verticales et d’horizontales digne du mouvement des vagues, l’œuvre résonne avec le parc des Rapides, de l’arrondissement de LaSalle, où elle est située (près de la rue Lacharité). Or, l’ensemble de Jacques Bilodeau, réalisé avec une firme d’architectes paysagistes, fait plus qu’indiquer le Saint-Laurent, juste devant lui.

Ses lignes obliques, plutôt que simples verticales, tanguent. Elles poussent, comme un courant. Le déplacement n’est pas qu’illusion. Monter sur le marbre, parce qu’on peut y monter, impose marche, grands pas, sauts. Si de loin Au grand dam peut simuler la violence — le marbre semble s’extirper du sol avec fougue —, de près, ce sont la douceur du matériau et le bonheur de l’expérimentation qui dominent.