Ahmed Chetioui
Collaboration spéciale
Parmi les femmes qui ont participé à l’essor de Verdun – malheureusement, elles font partie de celles dont on ne parle jamais – , Mme Beaumier et Mme Belanger, deux Verdunoises à la mémoire vive, deux résidentes de la Ressource intermédiaire Notre-Dame de la Paix, dont l’entrain, la bonne humeur et l’implication dans la vie institutionnelle, font le plaisir du personnel et des autres résidents.
Mme Beaumier et Mme Bélanger, deux histoires différentes, deux vies différentes, mais oh! Combien enrichissantes.
Mme Beaumier est originaire de Saint-Henri, arrivée à l’âge de 15 ans à Verdun ; elle a travaillé durant 23 ans pour une compagnie de transport – George Hall – à Pointe-Saint-Charles au poste de secrétaire administratif, puis durant 13 ans dans la Brasserie Molson qui, pour elle, est la meilleure compagnie québécoise dans la prise en charge et l’accompagnement de ses employés.
Elle a aussi été enseignante de catéchuménat, embauchée par l’archevêché de Montréal.
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À Verdun, elle a créé et dirigé en 1972, une ligue de balle molle pour la gent féminine qui s’appelait les Coccinelles de Verdun ; elles avaient élu domicile au parc Therrien où elles pratiquaient leur sport. En 1975, elle lance la Ligue de quilles mixte au nom évocateur de : Les Retrouvailles… Cette dernière existe toujours.
Fervente supportrice des Canadiens, elle espère aller les voir au centre Bell, un jour, si sa santé le lui permet ; son autre sport favori est le golf, et malgré son handicap physique dû à un accident cardio-vasculaire, elle fait tout avec l’aide d’Audrey, sa physiothérapeute, pour aller de nouveau sur un parcours. Nous nous sommes fait une promesse d’y aller ensemble.
Mme Beaumier est hébergée dans la ressource intermédiaire depuis sa création, en octobre 2015, où elle dit se sentir très bien et couler des jours heureux ; sa seule remarque concerne les repas servis dans la ressource qu’elle n’apprécie pas vraiment, malgré les efforts faits par la direction pour apporter des changements et des améliorations.
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L’autre verdunoise est Mme Diane Belanger, est née en 1948, à Saint-Henri. Elle a vécu dès sa naissance à Verdun jusqu’à l’âge de neuf ans ; elle a vécu avec ses douze frères et sœurs dans la misère et le dénuement total, a connu la famine, mais son calvaire a pris fin lorsqu’elle a été placée en famille d’accueil à l’âge de 10 ans, au moment où elle a pu poursuivre des études.
Elle a commencé à travailler très tôt dans l’industrie textile, durant cinq ans, elle a filé du coton ouaté pour créer des chiffons de nettoyage de voitures. Malheureusement, son état de santé ne lui a pas permis de rester à son poste, et elle a dû se résoudre à prendre des fonctions de caissières, puis un poste d’auxiliaire de soins dans un centre d’accueil de femmes à Ville-Émard, où elle faisait de l’accompagnement lors d’activités et des sorties.
Mme Belanger est une mélomane et a développé un don dans la composition de chansons, qu’elle garde précieusement dans sa chambre.
Mme Bélanger a eu trois enfants, qui ne viennent malheureusement pas souvent la voir. Le premier est installé à Gatineau, un deuxième à San Diego et le dernier à Montréal ; leur vie bien remplie ne leur permet pas des visites plus régulières, elle a combattu ou terrassé cinq cancers.
Mme Bélanger habite la Notre-Dame de la Paix depuis le premier jour, elle s’y est installée à la suite de la destruction de son habitation par un feu qui a pris dans sa cuisine. Elle se dit tellement heureuse et chanceuse d’être entourée par du personnel au service des résidents et surtout fier et contente de s’être fait des amies.


