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Mardi, 28 avril 2026

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Adam Verge : triathlète, ultra marathonien et entrepreneur plombier

Texte : Carole Pelletier. Photographie : Carole Pelletier et courtoisie

Adam Verge se qualifie lui-même de « late bloomer », quelqu’un qui s’est épanoui sur le tard. C’est à 30 ans qu’il se révèle à lui-même. Il en a aujourd’hui 36. 

Le premier grand défi sportif d’Adam est le triathlon de Tremblant, celui qui a signifié beaucoup d’entraînement pour lui qui n’a jamais couru, nagé ou fait du vélo au-delà de ce que font Monsieur et Madame tout le monde. 1000$ pour s’inscrire et, en 2023, le grand jour arrive : 4 km en natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course. Adam le complète en 14 heures sur un maximum permis de 17. Il est déclaré « triathlète ». « Mais, ce triathlon est très commercial, plus de 1000 personnes sont en compétition, l’entraide est plus que minimale. Et puis, je veux explorer le volet de la course… » dit-il.

L’idée de l’ultra-marathon fait son chemin. Qu’est-ce qu’un ultramarathon? C’est une course, mais souvent sur de très longues distances : 50 km ou 50 mi., 100 km ou 100 mi … ou plus… Finalement, c’est l’ultra marathon du désert du Moab 240 (soit 240 mi. ou 386 km) qui fait son chemin. On doit le courir en 117 heures maximum, soit 4,68 jours, avec une moyenne de plus de 82 km par jour, ce qui signifie près de deux marathons chaque jour… Encore une fois, il faut s’entraîner. « Trop! », nous dit Adam. « Je me levais à 3 heures du matin, je courais 20 km, je travaillais toute la journée et je courais un autre 20 km le soir. Je poussais la machine beaucoup trop loin. Conclusion : un séjour d’un mois et demi à l’hôpital et une colite ulcéreuse pour la vie. On oublie les 1800$US déjà payés pour l’inscription 2024. Je devais réfléchir… »

Et, voilà, la réflexion le ramène à son idée initiale : ce sera le Moab 240 en 2025. « Je me suis remis à l’entraînement, tout en travaillant dans mon entreprise. Mais, cette fois-ci, ce fut beaucoup plus progressif, mon objectif étant d’atteindre 100 à 150 km par semaine avant la course. J’y suis arrivé. Mais la vraie vie dans le Moab, ce n’est pas que ça. C’est l’altitude, puisqu’on grimpe dans les montagnes et qu’on redescend dans les canyons, qu’il y a la forêt et qu’il y a le désert, le tout avec un dénivelé de quelque 30 000 pieds (entre 8 000 et 10 000 mètres). C’est la chaleur de la journée (jusqu’à 37 degrés C) et le froid de la nuit (0 degré C), le soleil aveuglant et la nuit noire. C’est la pluie, c’est la boue, c’est la glace, ce sont les roches glissantes, le sable et le gravier qui roulent sous les pieds. C’est le poids du sac à dos à porter, de 7 à 9 kg (15 à 20 lb). Ce sont aussi heureusement les 14 ou 15 haltes d’approvisionnement où tu peux avoir de l’eau, manger chaud et dormir un peu. 

« C’est une boucle unique où tu rencontres des gens, où tu les perds de vue et où tu les revois plus tard. Tu cours un bout de chemin avec eux. Tu apprends à les connaître, mais, surtout, tu apprends à te connaître toi-même. Ce sont des questions auxquelles tu trouves réponse durant la course : vas-tu aider les gens qui en auront besoin? Est-ce qu’on t’aidera, toi aussi? Te feras-tu des amis en cours de route? Auras-tu peur? Garderas-tu confiance en ta réussite? Et, quand tu te perdras – et, oui, parce qu’on se perd dans le Moab et qu’il faut revenir sur ses pas – seras-tu capable de continuer? Sauras-tu prendre des décisions et faire preuve de leadership quand ceux avec qui tu cours ne savent plus où aller, mais que, toi, tu es certain du chemin à prendre?

« Le 11 octobre, nous avons commencé à courir à midi, 300 personnes, certains avec beaucoup d’expérience et d’autres, comme moi, pour qui c’est une première. Je suis un peu grippé, mais ça passe. La 2e nuit, je cours seul et, catastrophe, les piles de ma lampe frontale meurent… Derrière moi, un autre coureur me rattrape et me donne des siennes – merci, mon ami! Je pense à mon grand-père Malcolm, et je me dis qu’il veille encore sur moi. Parfois, tu es tellement fatigué que tu hallucines, mais tu continues à courir. Je garde contact avec ma sœur et son conjoint qui m’attendent et qui m’encouragent. C’est d’ailleurs ma sœur qui m’appelle le dernier jour et qui me dit « Eh! Tu as 117 heures pour compléter ta course. Dépêche-toi; après tout ce qu’on a enduré, pas question de rater ton coup. » Je ris. Je franchis la ligne d’arrivée après 115 heures. Ouf! Il était temps! Heureusement qu’elle m’a rappelé à l’ordre. Je n’aurai dormi que cinq heures durant ces quatre jours. »

Mais, Adam, pourquoi tout ça?

Pour me prouver à moi-même. Pour savoir où sont mes limites; je voulais les repousser. Quand tu ne t’exposes pas, tu ne sais pas jusqu’où tu peux aller. Et, puis, je reviens de loin…

Quand j’avais 11 ans, j’ai commencé à être malade; on m’a diagnostiqué une arthrite idiopathique. Je me suis mis à fumer, et puis, progressivement, à boire et à me droguer. J’ai laissé tomber mes études avant l’obtention de mon diplôme d’études secondaires pour, éventuellement, aller chercher un diplôme d’études professionnelles en plomberie à 21 ans. Je travaillais, et j’aimais ce travail, mais ça ne me satisfaisait pas. C’était un mal être et des remords pour ce que j’avais fait de ma vie.

Un jour, j’ai décidé d’arrêter de consommer et de me prendre en main. L’inspiration m’est venue de mon grand-père paternel, Malcolm, qui souffrait de sclérose en plaques. Il n’avait qu’une espérance de vie de 38 ou 39 ans. Jamais, Malcolm n’a jamais baissé les bras. En fauteuil roulant à partir de l’âge de 30 ans, il a vécu le sourire aux lèvres et du courage plein le cœur. Il s’est éteint à 83 ans, l’année de mes 30 ans.

C’est donc à 30 ans que je me suis mis à refaire ma vie. J’ai arrêté de consommer. J’ai commencé à étudier pour devenir entrepreneur. Le 16 juin 2022, c’est avec fierté que j’ai obtenu l’incorporation de mon entreprise Plomberie A+.

Y a-t-il d’autres projets en vue Adam? 

Je veux faire de mon entreprise Plomberie A+ une référence dans la région, qu’elle soit vue comme une équipe de confiance et d’excellence. Je désire qu’elle grandisse et qu’elle attire des gens de talent. Je veux être pour eux un mentor. Des gens ont joué ce rôle-là pour moi. L’héritage de Malcolm, c’est le courage de laisser derrière moi ce qui est destructif et de faire de ma vie quelque chose de positif. Il y en a eu d’autres gens importants dans ma vie. Pour ne nommer qu’elle, mon amie Linda Charbonneau qui m’a donné la piqure de la course. 

Côté sport, oui, il y a des événements qui m’intéressent. Je voudrais m’endurcir, devenir capable de nager en eau froide. J’explore présentement la traversée du Lac Saint-Jean pour 2026; c’est un défi de 32 kilomètres qui se nage en moyenne en sept heures. Et, pour 2027, j’avoue que je regarde du côté de l’Enduroman Arch to Arc, le triathlon qu’on dit le plus dur au monde : de Londres à Paris, 87 milles de course, 20 milles à la nage pour traverser la Manche et 180 milles de vélo pour rejoindre Paris. Mais, c’est fou… une chose à la fois! 

Et c’est,  sur un grand sourire plein d’espoir que se conclut cette entrevue.

PLOMBERIE A+ : https://plomberieaplus.com/

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