M. Mimeault
Photo : Jacques Northon
L’histoire de l’Île-des-Sœurs ne s’est pas écrite en ligne droite. C’est ce qu’a raconté Ilan Gewurz lors d’une conférence, consacrée au passé, au présent et à l’avenir de l’Île-des-Sœurs, en retraçant plusieurs décennies de projets immobiliers, de risques audacieux et de négociations, de chance mais surtout de visions. Invité à prendre la parole lors d’une activité du Club Rendez-vous d’affaires de L’Île-des-Sœurs le 21 octobre, il a offert un regard privilégié sur les coulisses du développement de l’ère moderne de l’ile.

Malgré toutes les publications faites à ce jour sur l’histoire de l’ile, dont
L’Ile Saint-Paul/ L’ile des sœurs, de Sœur Marie-Anne Gauthier Landreville ou la plus récente qui est celle de l’historien Jacques Lacoursière, L’ile-des-Sœurs. D’hier à demain ni les ouvrages, de Julien Déziel ou Denis Gravel portant sur l’histoire de Verdun, rares sont les sources qui permettent de connaitre autant de menus détails sur l’histoire de l’ile que le témoignage d’ Ilan Gewurz.
C’est qu’Ilan Gewurz, que les insulaires connaissent pour son rôle prépondérant dans tout ce qui touche la Pointe-Nord, est la troisième génération de Gewurz dans l’ile. Il est le fils et le petit-fils des principaux bâtisseurs de L’Île-des-Sœurs, telle qu’on la connait aujourd’hui. Il l’affirmera lui-même durant son exposé : son histoire de l’ile n’est pas objective; il est un témoin— il est né en 1974— et les débuts de cette aventure lui ont été racontés par ceux-là même qui ont créé cette histoire, soit son grand-père Judah Leib Gewurz, son associé Joseph Remer et Samuel Gewurz, son père.
Un orateur captivant, Ilan Gewurz a retenu l’attention des nombreux participants au déjeuner d’affaires. Il a été généreux et a fourni moults détails, expliquant en long et en large toutes les péripéties des principales étapes du développement : de l’époque des spéculateurs (avant la construction du Pont Champlain) qui ont acheté l’ile avec un dépôt de 5 000$ ; du rachat de l’ile en 1955 par Leib Gewurz et Joseph Remer basé sur l’espoir de la venue d’un pont vers la rive-sud, un achat immédiatement regretté au point où ils ont tenté, sans succès, de la revendre durant 10 ans, incapable de payer les taxes; de l’expropriation d’une partie de l’ile pour la construction du pont Champlain, (avec une compensation qui leur a permis de payer les taxes); de l’ère fabuleuse du début de la construction avec l’arrivée des Structures Métropolitaines en 1965, de la période nébuleuse qui a causé le retrait des Structures, suivie par la prise en charge par le groupe d’actionnaires de M. Gewurz, à la plus récente période, celle de la Corporation Proment, qui voit la Pointe-Nord en effervescence, rien n’a été oublié.
Le Domaine Saint-Paul, une fierté
A une journée de l’anniversaire du décès de son père, Ilan Gewurz a étonné l’assemblée en affirmant qu’une des plus grandes fiertés de Samuel Gewurz est celle d’avoir permis de conserver la forêt de l’ile, dont le terrain était destiné à la vente. Plusieurs démarches, échanges, ententes ont finalement permis à Samuel Gewurz d’offrir le terrain à la ville, et ainsi protéger le boisé Saint-Paul.
L’avenir : au-delà des projets immobiliers
Si le développement de la Pointe-Nord est en voie d’être complété, Ilan Gewurs a rappelé que plusieurs questions demeurent : l’aménagement des espaces commerciaux, l’arrivée de nouveaux commerces indépendants et la possibilité de créer des lieux de rencontre qui contribueront à la vitalité du quartier.
La construction d’une troisième école est aussi au cœur de ses préoccupations d’Ilan Gewurz. Il rappelle qu’une communauté ne se construit pas uniquement avec des logements : elle a aussi besoin d’infrastructures, de services et de lieux où les résidents peuvent se retrouver. Il rêve toujours d’une passerelle entre la terre ferme et l’ile, un projet annoncé par la ville il y a quelques décennies et qui figurait déjà dans les plans d’ensemble des années 60 !
La Place du Commerce représente, à ses yeux, un autre défi majeur. Plusieurs propriétaires et promoteurs y détiennent des intérêts distincts. Il estime qu’une planification concertée permettrait de mieux coordonner les futurs projets.
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Cette conférence, d’une durée trop courte d’une heure, a permis de comprendre qu’en 60 ans de présence dans l’ile, la famille Gewurz ( et leurs actionnaires) a contribué à transformer un territoire agricole en milieu urbain recherché, prisé et envié et dont les résidents affichent un taux de fierté vertigineux. Tout au long de ces années, les projets menés à terme par la famille ont été guidés par une vision peu commune et un souci constant de l’excellence, en ayant toujours pour priorité de préserver le caractère distinctif de l’ile.
L’assistance a bien compris que c’est la famille Gewurz (et leurs associés) qui ont imaginé et créé ce caractère distinctif! L’histoire s’en rappellera.


