Roxanne Boucher
Photos : Daniel Rochon
Le Café Jardin, espace rassembleur bien ancré sur la rue Wellington, a récemment été le théâtre d’une soirée d’échanges citoyens portant sur un enjeu qui traverse aujourd’hui toutes les couches de la population : la crise du coût de la vie. Organisée dans une ambiance informelle et conviviale, la rencontre a permis à des résident·e·s de Verdun de partager leurs réalités quotidiennes, leurs inquiétudes, mais aussi leurs réflexions et pistes de solutions.


Installées autour de tables, café à la main, les personnes présentes ont rapidement fait émerger un constat commun : l’augmentation constante du prix des aliments et la difficulté croissante à se loger pèsent lourdement sur les ménages. L’épicerie, en particulier, représente un poste de dépense devenu de plus en plus difficile à absorber. Plusieurs témoignages ont évoqué la nécessité de faire des choix déchirants : réduire certaines activités, couper dans les loisirs ou repousser des projets personnels afin de réussir à joindre les deux bouts.
Le logement a occupé une place centrale dans les échanges. Dans un quartier prisé comme Verdun, la rareté de logements abordables et la hausse des loyers soulèvent de vives préoccupations. Des participant·e·s ont exprimé leur crainte de devoir quitter le quartier, faute de moyens, tandis que des jeunes adultes se questionnent sur leur capacité à rester à long terme dans un milieu qu’ils considèrent pourtant comme leur communauté. Pour d’autres, l’inaccessibilité du logement crée une pression constante, alimentant un sentiment d’insécurité financière qui se fait sentir à chaque fin de mois.
Au fil des discussions, certaines réalités plus sensibles ont aussi été partagées. Des témoignages ont mis en lumière des situations où la pénurie de logements et les coûts élevés deviennent des freins à des décisions importantes, notamment pour des femmes qui hésitent à quitter leur conjoint par crainte de ne pas trouver un logement sécuritaire et abordable. Ces échanges ont rappelé que derrière les chiffres et les analyses économiques se cachent des parcours humains complexes, parfois marqués par l’isolement et l’anxiété.
La députée de Québec solidaire Alejandra Zaga Mendez, à l’origine de la rencontre, a souligné l’importance de ces moments d’écoute. Selon elle, ces échanges alimentent directement son travail et renforcent sa détermination à porter, à l’Assemblée nationale, les préoccupations exprimées par les citoyens et citoyennes. Elle a rappelé que les discussions autour du coût de la vie ne sont pas abstraites : elles prennent forme dans le quotidien des familles, des personnes seules, des jeunes et des personnes plus âgées qui tentent, chacun à leur manière, de préserver des conditions de vie dignes.
Au-delà des enjeux abordés, la soirée a aussi mis en évidence la valeur de ces espaces de dialogue accessibles. Dans un lieu chaleureux comme le Café Jardin, la parole circule plus librement, favorisant l’écoute et la reconnaissance mutuelle. Plusieurs personnes ont mentionné l’importance de se sentir entendues et de pouvoir échanger avec d’autres résident·e·s vivant des réalités similaires.
En quittant le café, un sentiment partagé demeurait : celui que ces conversations, bien qu’elles ne règlent pas tout, constituent un premier pas essentiel. Elles permettent de tisser des liens, de briser l’isolement et de rappeler que les enjeux du coût de la vie dépassent les individus.
À Verdun, comme ailleurs, ce sont ces moments de rencontre qui nourrissent la réflexion collective et renforcent le tissu social du quartier.


