Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Photos : Bruno Zara
Le premier patient est arrivé avec un sens de gravitas, la conscience de marquer l’histoire – notre histoire, de Verdun. Il a demandé de nous écarter sur son passage, même si le couloir – ou la passerelle, comme l’appellent les employés de l’hôpital – est assez ample pour une voiture. La gravité de la situation a volé en éclats à la première explosion de rire du patient lui-même, amusé par nos visages sérieux. La contamination par la bonne humeur étant la seule tolérée, encouragée même, par l’établissement, les photographes et journalistes conviés pour cette occasion ont suivi, et le petit comité a pu officiellement commencer la découverte de la nouvelle aile de l’Hôpital de Verdun.

La lumière, partout la lumière
Nos merveilleux guides pour cette occasion – Dr. Mathieu Surprenant et Éliane Favreau nous ont permis d’apprendre mille et une choses sur ce que nous voyions. La répartition des chambres et de lieux de surveillance est d’une limpidité étonnante – on n’est jamais perdu, la géométrie s’offre sans résistance dès le premier coup d’œil. Constat initial, spontané et émis simultanément par tous : la luminosité, même par cette matinée grise du 17 février. Lumière et espace donc.
Espace bien pensé, en fonction du bien-être des patients et de l’efficacité du personnel. Les 144 chambres de l’aile accueilleront autant de patients, chaque chambre étant individuelle, avec une salle de bain, un casier avec une fermeture à code, un fauteuil et, une nouveauté, un lit dépliant pour les proches. Parmi les chambres, on trouve des variantes spécifiques pour des personnes nécessitant une quasi-quarantaine (chambre en pression négative, qui empêche l’air de sortir, avec une antichambre qui sert de butoir et protection contre les infections) et pour celles avec un problème de poids (espace encore plus vaste et installations pouvant supporter des charges plus importantes).
Bien en avance sur le système en vigueur au Québec et dans le reste du Canada, les moniteurs de signes vitaux situés à l’entrée sont connectés au dossier clinique informatisé, qui permet le versement automatique des données, ce qui allège le travail des infirmières et des médecins et réduit le risque d’erreurs. Espérons que le système suivra, et vite.
La dernière ligne droite
Le pavillon est prêt et livré, il reste encore l’atrium, dont on prévoit la fin des travaux pour 2027. Au rez-de-chaussée de l’aile, le secteur dédié à la médecine du jour est en cours d’installation. Avec son ouverture, l’ensemble des services sera en place. Le jour de notre visite, 12 patients allaient être transférés dans leurs nouvelles chambres. Par souci de leur confort et sécurité, aucun contact direct n’a été autorisé – le seul échange a été l’éclat de rire initial, qui a donné le ton à la journée. Nous leur souhaitons à tous un bon rétablissement, de préférence dans la même ambiance joyeuse.
Pour s’occuper de patients répartis en 36 chambres par unité (ou par étage), une équipe comptant entre 50 et 60 employés par 24 heures est présente, sans compter les médecins. Une attention particulière a été accordée aux familles de patients (sous forme de salons pour les proches, qui permettent de se détendre et se ressourcer). Il a été démontré à maintes reprises que le soutien des proches aide à la guérison des malades.
Avec ce nouveau pavillon, Verdun consolide sa position sur la carte de soins médicaux à Montréal. Tout en étant hautement fonctionnel, le bâtiment offre une esthétique qui se marie bien avec l’ancien hôpital et qui reflète un peu celle de l’Auditorium et de son annexe moderne. L’attente, un peu plus longue que prévue, en valait la peine et les Verdunois peuvent se réjouir de ce rajout, qui rehausse le prestige de notre arrondissement.




