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Samedi, 02 mai 2026

Verdun + Île-des-Sœurs
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L’art public à L’Île-des-Sœurs : 1

DES ÉLOGES AUX TOMATES ?

Par Marcel Barthe

Depuis que j’écris des chroniques sur l’histoire de L’Île-des-Sœurs dans Explore Verdun-Île-des-Soeurs — 3 ans déjà —, vous m’avez comblé par vos commentaires positifs et je vous en remercie.

J’ai évoqué, à grand trait, les principales périodes de l’histoire de L’Île-des-Sœurs : de la présence autochtone à la Nouvelle-France, puis du règne des religieuses de la congrégation de Notre-Dame et, enfin, de l’époque contemporaine jusqu’à aujourd’hui. 

J’estime avoir fait un bon tour d’horizon vulgarisé pour une publication de cette nature. 

Je passe donc à autre chose. Je vais dorénavant, pour quelque temps, vous entretenir d’un sujet qui risque d’être plus clivant : l’art public, notamment à L’Île-des-Sœurs. 

Beaucoup de formes d’art ne firent pas l’unanimité dans le passé, lorsqu’elles furent créées. Dans les arts plastiques, on peut mentionner Le déjeuner sur l’herbe de Manet, Les demoiselles d’Avignon et Guernica (1937) de Picasso. En musique, mentionnons Salomé (1905) de Richard Strauss ou encore Le sacre du printemps de Stravinsky (1913). En architecture, il faut mentionner La tour Eiffel  (1887). Et puis, plus près de nous, l’installation L’Agora de Charles Daudelin (1983) à Montréal, ou la murale Vous êtes pas écoeurés de mourir bande de caves de Jordi Bonnet et Claude Péloquin à l’intérieur du grand Théâtre de Québec. 

Le déjeuner sur l’herbe — Edouard Manet (1863) — la nudité de la dame en compagnie d’hommes habillés jusqu’au cou a choqué.

Les demoiselles d’Avignon — Pablo Picasso (1907) — la façon d’interpréter les dames, en dehors de tous les codes de l’époque, a fait l’objet d’immenses critiques pendant de nombreuses années.

Vous-êtes pas écœurés de mourir bande de caves ! — Jordi Bonnet & Claude Péloquin (1971) — une section de la grande murale sur plus d’un mur du Grand Théâtre de Québec.

Plusieurs de ces œuvres, pour ne pas dire toutes, ont fini par être louangées au fil du temps et sont aujourd’hui reconnues comme des monuments culturels. 

L’art public n’y échappe pas. Il ne fait pas toujours consensus.

On peut définir l’art public comme la présence d’œuvres d’art dans l’espace public, intérieur ou extérieur, accessible à tous. Il peut s’agir de sculptures, de murales ou d’installations. Leur caractère, souvent permanent, peut aussi s’avérer éphémère.

Plusieurs études ont démontré les nombreux bénéfices de l’art public : animer et humaniser des villes et des lieux, valoriser le patrimoine, favoriser le bonheur et le bien-être, renforcer le sentiment d’appartenance, encourager la réflexion, le dialogue et l’esprit critique, même lorsque les œuvres font l’objet de critiques.

Le choix d’une œuvre d’art public se fait généralement par un comité d’experts (artistes, muséologues, commissaires, professeurs, etc.), mandaté par l’institution publique ou même privée, qui décide d’en installer dans un lieu ou une place publique au bénéfice des passants. Toutefois, de plus en plus, les citoyens sont associés d’une façon ou d’une autre au processus de sélection.

Les trois quartiers de Verdun hébergent une trentaine d’œuvres d’art public : murales intérieures et extérieures, sculptures, installations, monuments, etc. 

L’Île-des-Sœurs en compte quelques-unes.

LA PORTE DE L’AVENIR

La Porte de l’avenir — Roger Langevin (2000) — parc Dan-Hanganu, centre Elgar.

Une structure-sculpture en forme d’arche évoque un arc-en-ciel soutenu par deux colonnes. Chacune est constituée de trois blocs superposés qui illustrent, en bas-reliefs, un jeune garçon d’un côté et une jeune fille de l’autre, souriants, et les bras levés. Cette même configuration se répète de l’autre côté de l’arche qui, elle, se compose de six bandes colorées : rouge, orange, jaune, vert, bleu et mauve.

Sculpteur figuratif, Langevin privilégie la figure humaine et recherche l’équilibre entre le monde actuel angoissé et la société écologique idéalisée.

Trois autres exemplaires de la même œuvre sont installés à Saint-Lambert, Candiac et Châteauguay.

Roger Langevin est diplômé de l’École des Beaux-Arts et de l’UQAM. Récipiendaire de plusieurs prix et distinctions, il a réalisé plusieurs œuvres monumentales à travers le Québec, dont, entre autres, le Monument aux travailleurs (1981), devant du siège social de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), avenue de Lorimier, à Montréal et le Monument aux pêcheurs aux Îles-de-la-Madeleine. 

Les travailleuses et les travailleurs — Roger Langevin (1981) — siège social de la CSN, à Montréal

Le Monument aux pêcheurs (1990) — Roger Langevin — Étang du nord, Îles-de-la-Madeleine

Un artiste spécialisé dans l’art public qui contribue au paysage culturel de L’Île-des-Sœurs et de Verdun

À suivre.

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