Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Photographie Philippe Almeras
Le 17 août dernier, un beau rêve a pris le corps : Sandrine Dionne-Gougeon a lancé son premier roman dans la salle Marie-Jeanne Fortier, de la Maison de la culture de Verdun – Marceline – l’éveil, tome 1 aux Éditions de l’Apothéose. La réponse du public a été formidable, car plus de 70 personnes se sont déplacées pour acquérir un exemplaire dédicacé et exprimer leur soutien à l’auteure. Entre deux signatures, Sandrine a pris du temps pour nous expliquer le cheminement qui a abouti à ce bel objet que nous tenons entre nos mains et que nous avons lu avec le plus grand intérêt – une brève critique suit d’ailleurs cette entrevue.
Quelle est la genèse de ton roman ?
Quelle bonne question. Je me souviens d’avoir eu une idée un soir et de l’avoir noté sur un bout de papier qui est resté des semaines devant mon ordi. Je crois que j’y réfléchissais inconsciemment et plusieurs semaines, si ce n’est pas plusieurs mois plus tard. (…) J’avais bâti mon histoire dans ma tête et je me suis installée devant mon clavier et j’ai commencé à écrire. Je l’ai écrit d’un jet, sans me relire, mais sur plusieurs mois.
Est-ce que tu suis un plan préétabli ?
Quand j’écris, je n’ai pas de plans. Souvent, les personnages font des choses que je n’avais pas du tout prévu et mon histoire part un peu dans une autre direction, mais je sais que je vais revenir plus tard vers mon idée de départ. En fait, ces digressions, c’est ce qui me permet de mettre de la viande autour de l’os. Il y a des personnages qui apparaissent sans que je les ai planifiés. Ils vivent des aventures que je n’avais pas imaginées. Lorsque je me relis, je suis souvent étonnée de ce que j’ai écrit à la séance d’écriture précédente.
Quelles sont tes habitudes d’écriture ?
J’écris un à deux jours par semaine, à raison d’une demi-heure à chaque fois.
À quand la suite des aventures de Marceline ?
La suite de Marceline est déjà écrite, mais comme les corrections, c’est long et que je ne fais pas de l’écriture mon emploi à temps plein, il ne sortira probablement pas avant un an.

Marceline – L’éveil, tome 1
Éditions de l’Apothéose
216 pages
Critique – Marceline – l’éveil relève d’un genre très populaire : le roman fantastique pour jeunesse. La présentation des personnages et de l’intrigue principale se fait par de délicates touches, sans rien imposer au lecteur, qui entre dans un monde qui obéit à ses propres lois. Nous découvrons cet univers en même temps que le personnage principal, la fameuse Marceline du titre, qui acquiert de la complexité à chaque page qu’on tourne, qui pose les questions que les lecteurs aimeraient poser, qui découvre avec étonnement ses nouveaux pouvoirs et qui dispose de bases morales solides pour les utiliser à bon escient. La plume de Sandrine est d’une justesse et maîtrise remarquables ; elle est entièrement au service de l’histoire, lui procure un rythme soutenu mais pas frénétique, laissant aux personnages et au lecteur le temps de souffler et intégrer les informations.
Le roman possède toutes les qualités d’un premier rédigé (fraîcheur, absence de maniérisme, énergie), sans ses défauts : des descriptions à ne plus finir, incohérences, etc. La lecture est plaisante, on a littéralement du mal à lâcher ce livre.
Il y a un autre élément, peut-être le plus important : Marceline a du charme, autant le personnage que le roman entier. C’est une qualité si rare qu’il est nécessaire de la souligner et féliciter l’auteure.
En attendant le tome 2, et, qui sait, plusieurs autres par la suite, courez vous procurer ce petit bijou littéraire qui tient toutes ses promesses.
En ligne – Marceline-tome-1-l’éveil


