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Mercredi, 06 mai 2026

Verdun + Île-des-Sœurs
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La médiation citoyenne à Verdun/Île-des-Sœurs – une nouvelle approche ?

Par Carole Pelletier

Les initiatives de médiation se multiplient et Verdun a décidé, à son tour, de mettre en œuvre un tel dispositif dans son arrondissement. C’est donc Action Prévention Verdun (APV), un organisme communautaire qui en a reçu le mandat. 

J’ai donc rencontré pour vous Michel Pierpaoli, responsable de la médiation et sécurité urbaine d’APV.

Explore :  C’est tout nouveau la médiation citoyenne. On dit que ça vise à régler les différends ? 

Michel Pierpaoli (MP) : Non seulement à les régler mais, si possible, à les prévenir, avant qu’ils ne deviennent des conflits. Mais d’abord, qu’est-ce qu’un différend ? C’est un désaccord résultant d’une opposition d’opinions, d’intérêts entre des personnes. Le désaccord, si non résolu, entraîne des tensions qui peuvent mener à un point de crise. Si les gens ne peuvent le résoudre, la situation s’enlise. Laissez-moi vous montrer une image qui vaut mille mots et qui fait partie d’une présentation que je donne régulièrement.

Explore : C’est pour qui la médiation citoyenne ?

MP : C’est pour toutes les personnes résidant à Verdun et à L’Île-des-Soeurs et pour toutes les organisations y ayant lieu, qu’ils s’agissent de services publics, OBNL, commerçants, etc.

Explore : En quoi consiste la médiation citoyenne ?

MP : C’est un processus rapide et totalement confidentiel. Il est volontaire et libre. Il s’attaque aux racines du problème, et vise le règlement du différend sur le long terme. Les personnes agissent directement dans le processus ; la décision finale leur appartient. Et, il est sans frais.

Explore :  Comment ça se passe une médiation citoyenne ?

MP : En premier lieu, le résident ou l’organisation contacte le médiateur d’APV pour exposer la situation. Ensuite, si les deux parties acceptent la médiation, nous fixons ensemble la date et le lieu de la médiation chez APV ou dans un autre local adapté. Le médiateur propose une rencontre préparatoire avec chaque personne pour connaître leurs attentes et leurs préoccupations. Les personnes se rencontrent pour la médiation, en journée ou en soirée ; il peut y avoir une seule rencontre ou plusieurs selon le cas. Les statistiques montrent que, quand la médiation est entièrement libre pour les parties – je veux dire par là qu’elle n’est pas imposée -, le taux de résolution des différends est de 80 %. Finalement, le médiateur propose un suivi après la ou les rencontres de médiation, généralement quelques mois après la résolution des différends.

Explore : Faut-il être accrédité pour faire de la médiation citoyenne ?

MP : Faire de la médiation citoyenne, c’est faire de la médiation et, oui, mieux vaut être formé convenablement. Être médiateur ne s’improvise pas, cela demande une approche spécifique, une bonne connaissance des sciences humaines et surtout une formation reconnue. Je suis moi-même accrédité IMAQ / UDES (l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec qui relève du ministère de la Justice du Québec, et l’Université de Sherbrooke).

Explore : Comment vous rejoint-on ?

MP : en m’envoyant un courriel à michel@actionpreventionverdun.org, ou 438-370-8573

La médiation citoyenne est certainement une option intéressante puisque les différends, devenus conflits, vont souvent se judiciariser. Compte tenu de la charge actuelle des tribunaux, il faut se rappeler que la médiation est rapide, sans frais et s’attaque à la source des problèmes. De plus, elle laisse généralement un environnement plus sain qu’un conflit non réglé ou une judiciarisation.

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