Des pistes de réflexion seraient ouvertes pour comprendre et réfléchir aux modes de prise en charge
Un texte d’Ahmed Chetioui
La Ressource intermédiaire (RI), s’adresse aux personnes qui ont une problématique de perte d’autonomie entraînant des incapacités physiques, cognitives ou des difficultés sociétales. Ces personnes ont besoin des services offerts par une ressource d’hébergement (gîte, couvert, soutien ou assistance).
Les Ressources intermédiaires sont des établissements marqués par une ambivalence, voire une hybridation : être à la fois un lieu de vie de la vieillesse et un lieu de soin se rapprochant des services hospitaliers de type unités de soins de longue durée.
Ces établissements, privés pour la plupart, sont régis par une entente avec le CIUSSS de leur territoire d’implantation, les soins paramédicaux (infirmiers, physiothérapeutes, TS, psychoéducateurs, ergothérapeutes…) sont prodigués par des professionnels, des dits CIUSSS.
Le choix des dossiers des futurs résidents est fait par le CIUSSS, sans grande concertation avec les gestionnaires de la Ressource.
La ressource intermédiaire peut accueillir des résidents qui relèvent autant de la psychiatrie, de la psychogériatrie, que de la neuro gériatrie. Ainsi, des résidents souffrant de pathologies psychiatriques et qui sont parfois jeunes, comparativement aux autres résidents qui eux relèvent de la gériatrie, peuvent y être hébergés et y cohabiter avec des résidents plus âgés souffrant de pathologies démentielles.

Cette cohabitation pose un problème de prise en charge aux équipes de la Ressource, car comme il est dit dans la littérature, les démences et les psychoses ne font pas bon ménage.
Les Ressources intermédiaires, mis à part celles spécialisées dans la santé mentale, ne devraient pas accueillir ses résidents sans une promesse d’un suivi psychiatrique rigoureux et sans avoir une entente claire avec un service psychiatrique, qui pourrait reprendre le résident s’il décompense.
Les recherches sociologiques portant sur la souffrance psychique vécue par les personnes âgées vivant en RI sont encore peu développées. Pourtant, il semble légitime de se pencher sur cet objet d’étude, car les chiffres concernant la santé mentale des résidents sont préoccupants. En effet, cinq personnes âgées sur dix souffrent au moins d’une maladie neuropsychiatrique, Les syndromes dépressifs, les états anxieux ou autres troubles psychiques.

Le problème se pose aussi avec les résidents souffrant de pathologies démentielles, comme la maladie d’Alzheimer ou autres démences apparentées ; dans ces cas, les Ressources intermédiaires ne sont pas adaptées à leur accompagnement, par manque d’effectifs formés et par manque d’environnement adapté. Ces résidents décompensent très rapidement, et développent des comportements déviants. La solution est simple et passe par la bonne volonté du CIUSSS d’aider les ressources intermédiaires, à la création d’unités prothétiques fermées, l’établissement s’engageant à mettre en place le personnel formé et suffisant, ainsi qu’un environnement architectural adapté, des activités stimulantes y seront pratiquées par une équipe spécialisée relevant du CIUSSS.
Pour conclure enfin, les ressources intermédiaires sont malheureusement confrontées à une impuissance dans la gestion des comportements des résidents définis comme déviants.
Elles pâtissent d’une carence en personnel et de formation pas toujours adaptée voire inexistante.

Des pistes de réflexion devraient être ouvertes pour comprendre plus finement les expériences de chacun et réfléchir aux modes de prise en charge des établissements les plus adéquats pour favoriser le bien-être et la qualité de vie des personnes âgées dépendantes.


