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Mercredi, 22 avril 2026

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Danièle Sauvageau, la femme qui mérite l’or de l’année

Par Yves d’Avignon

Le huitième jour du troisième mois de chaque année, le monde moderne, celui qui tire la langue à la guerre et qui rejette la haine aux fonds du puits, désigne sur son drapeau de tous les jours la Journée internationale de la Femme, honneur qui lui est franchement destiné.

Ce Nouveau Monde, celui que l’on conjugue désormais avec le préfixe post et le nom commun pandémie, interpelle/appelle l’espoir. On attend une société nouvelle qui aspire au mieux-être d’une nouvelle génération. Et qui pourra ou saura être mieux au féminin pluriel. Vêtue de sa bienveillance ; elle célébrera la femme comme la moitié de l’humanité. Qu’il est si facile de diviser par deux !

Ici, dans notre localité aussi modeste qu’un arrondissement, Terre ferme et Île consacrées, Verdun désigne à juste titre les personnalités féminines de l’année 2021-2022. À féminiser en ce grand jour les titres politiques, comme pour ceux de la députée Isabelle Melançon et de la mairesse Marie-Andrée Mauger, on s’est dit qu’il ne faut plus s’arrêter. Combien d’autres toutes femmes autant méritantes, les Véronique, Céline-Audrey, Kaïla, et d’autres encore. Cette année, une grand-dame sportive, Danièle Sauvageau, titrée d’or depuis 20 ans et récemment auréolée des Jeux de Beijing, la consécration de femme lui va bien.

Conférencière et médaillée d’or.

De retour de la capitale chinoise, notre héroïne sportive issue de notre quartier, tourne la page pour nous, en ce 08-03-2022, comme la ‘‘seigneuresse’’ qui mériterait bien une majuscule !

‘‘Chaque performance olympique – chaque médaille d’or, d’argent, ou même 33e position d’Olympienne – est unique, clame Mme Sauvageau lors d’un échange de courriels récents. Celle de Beijing 2022 est inscrite comme la médaille de la Pandémie. Au pire, c’est aussi le contexte d’entraînement le plus difficile que nos athlètes ont dû se façonner durant l’olympiade.’’

‘‘Ici, à Verdun, 11 joueuses du programme olympique, notamment les Marie-Philip Poulin, Mélodie Daoust, Anne Renée Desbiens, ont su puiser dans leur « tiroir » de résilience. Avant les JO, la planète hockey avait cadenassé ces opérations. Après coup, quand les filles ont réintégré avec l’or au cou, ces paroles ont été entendues : « Nous l’avons fait. Ça prend un village pour encadrer une enfant. »

Fièrement, cette médaille représente ‘‘le 20e anniversaire de la première médaille d’or de l’histoire du programme canadien, comme celui de l’or des Jeux de Salt Lake City, alors que j’étais l’entraîneure-chef et la directrice générale du programme’’. Grande Danièle!

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Avec deux de ses fidèles joueurs lors du tournoi olympique.

Pour ce moment du 8 février, en comptant Mme Melançon et Mme Mauger aux premières loges, la présence de Sauvageau est tout aussi spectaculaire, comme en fait foi l’or de la lauréate de ce 8 mars ?

‘‘Je suis honorée de faire partie d’un trio de femmes d’influence provenant de notre arrondissement. Justement, l’influence du Centre 21.02.02 honore ce 20e anniversaire, là où nos Olympiennes s’entraînent et rayonnent pour les grands honneurs à notre Auditorium. C’est une grande fierté. Le Centre 21.02 de Verdun, c’est la maison du hockey féminin. Et malgré ceci notre présence est précaire.’’ Nous y reviendrons !

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Récemment, vous avez dit à la radio : « Les femmes vont prendre de plus en plus de place dans les postes de haute direction et le sport va suivre cette lignée-là. C’est une occasion pour les femmes de vivre de leur sport. On est rendu là, au sommet. Mais en même temps, il était temps que ça arrive. » S’agissait-il d’un plancher de verre qui vient tout juste d’éclaté ?

‘‘La reconnaissance du hockey au féminin franchit des pas à chaque cycle olympique. D’ailleurs, le match de la finale de l’événement à Beijing a été le plus regardé des Jeux. Nous avons le devoir de continuer à « leader’’ pour nos athlètes’’.

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Le grand mérite, celui qui qualifie la médaillée d’or.

N’avez-vous pas l’impression que de choisir une personnalité féminine pour une seule journée est suffisant pour notre société moderne ? Avec tout ce que les femmes ont accompli ces dernières années,  »méritons-nous mieux » ?

‘‘Selon les données récentes que j’ai eues en ma possession, le sport féminin représente moins de 3 % des nouvelles sportives pour l’ensemble des plateformes télé ! Alors non, rien n’est joué ! Tout est à venir ! J’aimerais que le CRTC, l’organisme qui s’occupe de la radio et de la télévision au Canada, s’implique davantage dans ce dossier. Aux dernières nouvelles, les femmes représentent encore et toujours 50 % de l’humanité !’’

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Une dernière question, qui me brûle les lèvres : Croyez-vous que dans un avenir prochain, il y aura une dirigeante féminine dans la LNH ?

‘‘Oui, définitivement ! La question qu’il faut se poser n’est pas en utilisant le signe conditionnel du si, mais bien le quand ?

‘‘Du hockey, au train où vont les choses, ça reste un très beau sport. Bien sûr que mes compagnes de jeu n’ont rien à envier aux hockeyeurs de l’autre sexe ! Un cerveau de hockey ne devrait pas avoir de « genre ».

‘‘Mais en regardant de plus près, il revient aux décideurs d’actualiser ce débat pour que la question ne se pose plus.’’

 »L’instinct de vaincre est aussi important dans les sports qu’en affaires. Pour mener une équipe vers la victoire, il faut accepter les défis et joindre nos forces pour triompher de l’adversité », mentionne-t-elle en conclusion quelque part dans sa carrière. Danièle Sauvageau en connaît beaucoup sur le sujet…

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