Par François Loiselle
Photos : Jacques Northon
Dimanche dernier avait lieu à Verdun, la guignolée traditionnelle annuelle de la Société Saint-Vincent-de-Paul. Connaissez-vous bien cet organisme qui sert des familles et des gens dans le besoin de notre communauté ?

D’abord, un peu d’histoire. L’organisme a été fondé en 1833 par Frédéric Ozanam. C’est une organisation internationale de laïcs. Au départ, sept jeunes venus étudier le droit à Paris ont vu en Saint-Vincent-de-Paul un modèle de charité qui les a inspirés. Aujourd’hui, cet organisme est présent dans 140 pays. Au Québec, on dénombre 48 points de service et 3 000 bénévoles.
C’est dans des locaux au sous-sol de l’église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, au 284, rue de l’Église, que l’organisation caritative déploie ses services à une population locale. Une équipe de plus de 20 bénévoles bienveillants prennent en main les différentes tâches à effectuer.
Eric Mongrain, bénévole de longue date, va à Moisson Montréal tous les lundis avec le vieux camion chercher près d’une tonne de denrées périssables et non périssables pour offrir aux bénéficiaires. Il est aidé au déchargement par deux autres volontaires.
L’équipe de Louise Chapleau répond aux demandes téléphoniques et fixe les rendez-vous. L’équipe de Daniel Toutiras et Linda Chatelain voit à la gestion de l’entrepôt, l’étalage des denrées et la préparation des sacs pour les livraisons. Luc va au quotidien récupérer les produits invendus. Danielle Bisson, responsable des bénévoles et de la gestion de la préparation du comptoir alimentaire, organise avec son équipe le nettoyage et l’étalage du comptoir des fruits et légumes de la banque alimentaire en vue d’accueillir les mardis et les jeudis les personnes qui ont rendez-vous.
Toute l’année, les familles et les gens peuvent compter sur ce recours. Marc Lévesque, attitré par les statistiques, me confiait que la clientèle change. « Avant, presque toute la clientèle vivait sur l’assistance sociale maintenant, nous avons des travailleurs, des immigrants qui ne gagnent pas suffisamment et aussi des étudiants. » L’organisme soutient bon an mal an environ 400 à 500 familles annuellement.
Les partenaires de la SSVP sont importants. Moisson Montréal était l’un des principaux fournisseurs l’an passé ; on nous a attribué environ 380 000 $ de nourriture.
Moisson Montréal ne peut pourvoir seul aux besoins de l’organisme. C’est pourquoi la guignolée annuelle du troisième dimanche de novembre est un moment fort pour la santé de l’organisme. Tous les membres du conseil d’administration sont impliqués activement. Richard Lalonde, président, Danielle Bisson, vice-présidente, Daniel Toutiras, trésorier, Marc Lévesque, administrateur et coordonnateur des paniers de Noël, Luc Mc Carthy, administrateur, Linda Chatelain, Louise Lavoie, Stefanie Ravenda, administratrices, Denise Ouellette, administratrice et vice-présidente canadienne à la planification stratégique. Lors de la Guignolée annuelle, tous mettent les bouchées doubles pour mener à bien cette campagne de sollicitation sous la coordination de Jeanne Breton, accompagnée d’Hélène Villeneuve, qui est impliquée à l’IDS depuis près de 20 ans pour les ententes avec les tours et condos et la journée de la cueillette à la Station.
Deux semaines avant l’évènement, des dizaines de volontaires, dont un groupe d’élèves de l’école Mgr Richard, vont dans tous les secteurs de Verdun et IDS, déposer les dépliants dans les boîtes aux lettres des résidents annonçant la grande collecte prochaine pour des dons et de denrées.
Jour J
Dimanche, le jour J est arrivé. L’entrepôt presque vide et les bénévoles souriants sous leur tuque de Noël sont au poste dehors pour recevoir les sacs de nourriture que les citoyens viennent leur porter. Tous les membres du conseil d’administration sont impliqués avec d’autres bénévoles venus aider pour la journée. Pour le lunch, Diane et Manon, bien connues par leur bénévolat dans l’église lors des messes et événements, s’occupent du dîner avec gentillesse et sourire pour soutenir les troupes.
Laurent Ravenda, nouvellement retraité, tenait à être présent pour aider et aussi revoir de nombreux paroissiens. D’ailleurs, sa sœur, Hélène, dans son petit coin bien décoré, recevait les dons d’argent et préparait les reçus. À la fin de la journée, les derniers bénévoles attendaient le camion en provenance de L’Île-des-Soeurs pour décharger et amener les denrées dans l’entrepôt.
Daniel Toutiras, trésorier, m’a confié que cette opération rencontre du succès grâce à la grande générosité des résidents, sans oublier d’importants contributeurs qui réussissent chacun dans leur domaine à redonner aux autres.
Parmi eux, il y a les artistes peintres de L’IDS qui, depuis quelques années, ont leur exposition L’Art à l’Île et soutiennent la Saint-Vincent-de-Paul avec leurs généreux dons. Le propriétaire du Crescendo et son personnel lors d’un dimanche durant la période des fêtes, offrent un grand déjeuner bénéfice où tous les profits sont redonnés à la SSVP. La Caisse Desjardins, fidèle donateur, accorde toujours sa contribution. Pierre Bédard, citoyen de l’IDS, grand amateur de photos, contribue également substantiellement à l’organisme.
En préparation pour les Fêtes, 120 boîtes bien identifiées avec le logo des deux mitaines rouges de la guignolée sont exposées dans les édifices à condos pour quelques semaines, permettant ainsi à continuer de remplir l’entrepôt et de garnir les paniers de Noël.
En ce temps de réjouissance, j’aimerais que chacune des personnes vivant dans l’abondance puisse poser un geste important afin de soulager nos frères et nos sœurs. Il n’est pas trop tard pour faire un don. Ensemble, nous pouvons changer les choses. Et comme le disait père Justin, le nouveau curé à la paroisse : « tout ce qui n’est pas donné et partagé est perdu ».






