Mario Lefebvre
Personne ne l’a vu venir ni même les oiseaux, l’hiver nous est tombé dessus comme un gros monstre ! Nous étions tous encore dans le ramassage de feuilles et au petit matin, le décor avait complètement changé. Les feuilles, encore accrochées aux arbres, se sont recouvertes de neige collante, qui persiste encore après trois jours.


L’hiver est certainement la saison la plus rude et difficile à surmonter. La coupure nette d’un automne fabuleux me force à me réinventer, j’ai besoin de créer. Un autre de mes passe-temps est la sculpture sur bois, je prépare mon atelier et me trouve des idées. Un faucon émerillon en tilleul au bec cassé a besoin d’être rabiboché. Installé dans mon étau de sculpteur, je sors mes ciseaux et mes gouges et me mets au travail.
Les oiseaux, ou tout autre animal, ne sont pas si faciles à représenter. Afin de transformer une pièce de bois en oiseau, il faut tenter de le rendre vivant, un tantinet réel et pas trop disproportionné. Inspiré par les oiseaux qui viennent se nourrir chez moi, je réalise quelques sculptures sur bois de ces charmants visiteurs. Ce qui m’a ragaillardi en voyant toute cette neige s’accumuler, ce sont les oiseaux qui, tout à coup, semblent plus colorés ! À travers la fenêtre dans une mangeoire collée à celle-ci, j’ai pu prendre en photo le cardinal du Nord mâle, arborant son manteau rouge écarlate.
Plus loin au fond de la cour, ma double mangeoire est devenue un terminal de ravitaillement avec un va-et-vient incessant de la gent ailée. Cardinaux, roselins, sittelles, mésanges, chardonnerets, pics, juncos ardoisés et j’en passe, tous ont besoin d’un surplus de nourriture pour contrer ce froid soudain.
Photo 1 Cardinal du Nord mâle
Photo 2 Junco ardoisé mâle et femelle


