Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Réservez dans votre calendrier la date du 28 novembre pour assister, à partir de 17h30, au vernissage d’une exposition Femmes de cœur et d’action au Quai 5160, consacrée aux femmes de Verdun et de L’Île-des-Sœurs qui contribuent positivement au tissu social de notre communauté. Malgré son emploi du temps chargé, Fannie Bertrand, la conceptrice et l’organisatrice de cet événement, a accepté de répondre à nos questions.
Qui est Fannie Bertrand?

Je suis une artiste visuelle multidisciplinaire, une artiste communautaire et une intervenante établie à Verdun depuis plus de quinze ans. Je fais de l’art depuis que je suis toute petite – cela a toujours été une véritable passion. Ma pratique professionnelle s’est structurée au fil des années à travers mon entreprise en impression textile, Atelier Envolée FA, mes engagements comme muraliste et mes collaborations avec divers organismes. Je suis inspirée par mes racines québécoises, les femmes qui m’entourent, par les histoires de vie, par les personnes plus vulnérables qu’on entend peu, ainsi que par le territoire — surtout le fleuve.
Quelle est la genèse de votre exposition?
Elle est née de l’envie profonde de célébrer le 150e anniversaire de Verdun à travers celles qui font vivre le quartier au quotidien : les femmes. J’ai voulu rendre hommage à douze femmes de Verdun dont l’engagement a transformé des vies, en particulier celles des personnes les plus démunies et les plus vulnérables.
Le projet prend la forme d’une grande courtepointe en cyanotype sur tissu, réalisée à partir de portraits et d’éléments floraux, combinée à la participation de la population. Il s’agit d’une œuvre collective qui met en lumière le travail souvent discret de ces femmes de cœur et d’action. Tout au long du processus, j’ai voulu que les participantes et participants se sentent impliqués, qu’ils se reconnaissent dans l’œuvre et qu’ils puissent dire : « Nous faisons partie de cette histoire-là. »
Parlez-nous de votre style et des médiums que vous aimez.
Je travaille principalement avec le textile, la sérigraphie, le collage, la broderie et la courtepointe. Depuis deux ans, je m’intéresse au cyanotype, dont les bleus profonds me permettent de jouer avec la lumière, les silhouettes, les archives et les fleurs. Je m’intéresse également à la peinture et à l’art mural, une véritable passion. J’adore créer dehors, dans un dialogue constant avec les passants.
Depuis environ cinq ans, ma démarche artistique s’intéresse à la courtepointe. J’aime assembler des fragments — d’images, de tissus, de mots — pour créer des œuvres qui racontent la mémoire individuelle et collective. Pour moi, chaque carré de courtepointe représente une personne de la communauté, ou une partie de soi, et lorsqu’on les assemble, cela forme un tout.
Mon processus créatif est très intuitif. Souvent, ce sont les images et les symboles qui arrivent en premier : des fleurs, des silhouettes, des visages, des lieux comme le bord de l’eau. Les couleurs se placent ensuite autour de ces images. Je m’inspire beaucoup des archives, des témoignages, des photos anciennes, des conversations que j’ai avec les gens, de la nature qui m’entoure, ainsi que de mon amour pour les oiseaux. Dans mes œuvres, il y a toujours un clin d’œil aux oiseaux.
Glissez un mot sur Atelier Envolée FA.
Atelier Envolée FA, c’est mon entrepriseque j’ai créée en 2017. C’est à la fois mon atelier de création et l’endroit où naissent mes idées. Récemment, j’ai réalisé un projet participatif à la Plaza Saint-Hubert, qui rassemblait des citoyennes et citoyens autour d’une œuvre collective. Ce type de démarche est au cœur de ce que je fais. Je souhaite développer des projets semblables à Verdun, et j’ai déjà de nombreuses idées. Pour moi, c’est important que l’art soit près des gens.
Parlez-nous de la murale à Verdun et de votre passage à Infoman.
Les murales réalisées à Verdun s’inscrivent dans la continuité de ma démarche d’art communautaire et de la courtepointe. Comme elles ont été conçues pour la rue piétonne, ce sont des œuvres éphémères. Elles représentent ma manière de voir Verdun – cela parle de fierté, de solidarité et de territoire.
Mon passage à l’émission Infoman a été une expérience à la fois surprenante et amusante. Infoman a l’habitude de faire ses segments devant des murales montréalaises, et par hasard, ma murale a été choisie comme arrière-plan – j’y vois une belle forme de reconnaissance.
Vos projets à court, moyen et long terme?
À court terme, je me concentre sur le vernissage de la courtepointe collective pour le 150e de Verdun et sur la préparation de ma production artisanale pour les marchés, notamment les marchés de Noël.
À moyen terme, je souhaite poursuivre et développer des projets de médiation culturelle avec différents publics. À plus long terme, j’aimerais continuer à réaliser des projets d’art militant, développer davantage de collaborations intergénérationnelles et, éventuellement, mettre sur pied un projet en lien avec la culture autochtone, en collaboration avec les communautés concernées, dans le respect et le dialogue. Mon plus grand rêve serait de réaliser une murale d’envergure dans mon quartier — une murale qui resterait dans le temps et accompagnerait la population en embellissant le quartier.



