Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Les premiers jours de 2025 seront à jamais marqués dans notre mémoire par une rencontre exceptionnelle : face à nous, un bel homme, qui n’est pas sans rappeler le grand James Stewart, partage avec nous le récit de sa vie. Une vie fascinante, intimement liée à l’histoire récente de Québec. Bien que tentés de l’évoquer, nous nous plions à la consigne de notre interlocuteur pour la garder secrète.
Raymond Cormier, bientôt 78 ans, a conservé toute l’espièglerie de sa jeunesse (qui n’est, comme nous le savons déjà, qu’un concept, et pas une réalité). Raymond est connu dans son coin de Verdun, sur la rue Gordon entre la Well et boulevard Lasalle, comme un ange humain, toujours prêt à donner un coup de main (d’aile?) à son prochain.
Va à l’Est, jeune homme!
Natif de Saint-Boniface au Manitoba, lointain par distance mais proche par la culture, d’une fratrie de 8 enfants, Raymond obéit à son amour du français et débarque au Québec, où il peut s’exprimer librement dans sa langue bien-aimée. Ce privilège est limité au foyer familial au Manitoba, en dehors, l’anglais primait sans partage. Cela allait bientôt changer au prix d’une longue lutte aussi acharnée qu’inégale.
À Montréal, Raymond apprend le métier de comptable et s’imprègne de l’ambiance des années 60, celles du changement, de la remise en question, de la revendication et de l’aventure humaine. Durant ces années, une constante au centre de sa vie : sa foi. Ardente, mais pas aride, dogmatique. Il se pose des questions, il trouve les réponses. Il accorde, surtout, sa vie à ses idéaux chrétiens, dans toutes les actions de la vie quotidienne.
La seule manière d’être un grand
Son nom seul ouvre toutes les portes de la rue Gordon – il a la confiance illimitée de ses voisins. Il les aide à chasser la neige en hiver, à ranger leurs bacs de poubelles, à prendre soin de leurs plantes lors d’une absence prolongée. Interrogé sur les raisons de son implication, il hausse les épaules : comment faire autrement? Être croyant, c’est cela. L’enseignement du Christ le guide et l’inspire – surtout l’injonction d’être grand aux yeux du Dieu, pas d’hommes, qui n’est que vanité.
À bientôt 78 ans, Raymond est étonnamment synchronisé avec son époque, qui amorce depuis un certain temps un retour marqué vers la foi, le spirituel. La nouvelle ère du Verseau sera celle de la conscience élevée et exige un parti-pris sans équivoque de chacun – le temps des tièdes est passé.





