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Jeudi, 01 janvier 2026

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Des aînés mieux informés contre les fraudes grâce au théâtre

(Texte Pierre Lussier) 

Plus d’une trentaine de résidents du Sommet de la Rive et quelques participants de l’extérieur ont assisté à une représentation théâtrale en trois actes sur différentes manifestations de la fraude, dont hélas, un trop grand nombre d’aînés sont victimes de nos jours.

Parlez-moi d’amour, chantonnait une comédienne du troisième âge appelée Rachel, en guise d’introduction au premier volet de cette représentation des techniques utilisées par certains individus pour soutirer de l’argent de leur victime. Aide-soignant dans un hôpital, Patrice est tout doux avec sa protégée dont il soigne les pieds et lui fait même à manger à domicile, c’est son petit Ricardo, dit-elle. Cette proximité étonnante et tellement agréable pour Rachel la rend plus réceptive aux demandes de son beau jeune homme, dont l’un des enfants, Thomas, est malade. Thomas a besoin de 130 $ de médicament par mois et la retraitée, malgré son budget serré, consent à fournir la somme par amour pour son bienfaiteur Patrice, qui, hélas, se révèle être un profiteur qui joue sur les sentiments de la pauvre dame.

Deux autres saynètes suivront : notamment avec une jeune comédienne qui joue la fille de la retraitée, qui apporte des lampes à sa mère et qui, en retour, sollicite son aide après lui avoir décrit notamment un arrêt de travail. La fille s’impatiente lorsque sa mère lui parle de la visite d’une amie, Georgette. Rachel dit à sa fille, « je suis une adulte autonome et je n’ai pas besoin de tes services ». Hélas, la mère finit par céder.

Dans le dernier sketch, un monsieur chante la pomme à Rachel et lui parle de voyages lui demandant d’effectuer des virements pour réaliser ce rêve. Tout cela finit par culpabiliser la victime, qui se dit que son fils va la chicaner si elle lui raconte sa mésaventure. C’est à ce moment-là qu’une policière intervient pour tenter d’amener la victime à interrompre le contact avec le fraudeur.

L’auditoire réagit

C’est tellement la vérité, s’empresse de dire une spectatrice qui a suivi attentivement la représentation. On ne voit pas tout ce qui se passe, ajoute une autre dame. Tous et toutes ont compris que les fraudeurs cherchent à gagner la confiance de leur victime, ce qui peut prendre un an. C’est humain, dit-on d’avoir honte de s’être fait rouler, et ça prend du courage pour en parler. Un aide-mémoire pour reconnaître et prévenir les abus financiers a été distribué à la fin du spectacle. On rappelle les fraudes téléphoniques et les arguments de l’interlocuteur en invitant les gens à rompre la communication. Dans tous les cas, la victime a intérêt à s’adresser à des amis sûrs et des organismes qui peuvent l’aider, comme le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Du théâtre pour confronter nos expériences de vie

Cet organisme, appelé Théâtre Déchaînés, propose des pièces de théâtre sur mesure adaptées à nos réalités quotidiennes et de nature à répondre aux besoins de représentation de nos travers pas toujours glorieux. Le coordonnateur Olivier Caron Brisebois précise que le Théâtre Déchaînés a donné une bonne dizaine de représentations sur l’île de Montréal au cours de l’année 2025 avec l’aide du (SPVM). 

Au risque d’oublier quelques artisans de cette belle réussite, notez le travail des agentes sociocommunautaires du poste de quartier 16, Marie-Ève Lépine et Sophie Morissette dans la prévention de la fraude dont les aînés sont trop souvent victimes. Notez aussi la présence de la commandante Caroline Alarie pour Verdun-LaSalle 

PDQ 16 : 514 280-0416

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