OCTOBRE, CE MOIS SI IMPRÉVISIBLE !

Billet Jean-Guy Marceau
marceaujeanguy@gmail.com
Photo: Sara Collela

Les arbres commencent à rougir, les journées raccourcissent, comme les jupes en 1967, le mois d’octobre a quelque chose de solennel, de sérieux et apaisant à la fois.

Les matins plus frais nous invitent à sortir la couette et de faire un pied de nez à l’été qui n’a pas lâché prise. Il nous offre encore des après-midis lumineux, une brise presque douce et des soirées semi-laines. La météo joue à « chaud-froid » et gagne à tous les coups.

Depuis plus d’un mois, les enfants ont pris le chemin de l’école. Les adultes, eux, accueillent de nouveau le 9 à 5 avec une certaine aigreur. « Les vacances sont terminées Gérard, enligne-toi sur la track », lance Lucienne à son Gerry, qui de toute évidence ne l’écoute plus depuis des lunes.

On a pas perdu nos bonnes habitudes, on court après le temps, on se remet au sport. Il pleut juste assez pour avoir une excuse, mais pas assez pour annuler l’abonnement chez Énergie Cardio Verdun. Les élections sont passées, les Canadiens de Montréal sont de retour… C’est le bonheur ! La saison des pommes est installée, elle nous fait rougir de plaisir, elle s’annonce prometteuse, une visite au verger et 12 kilos de pommes plus tard, je me promets de faire des tartes, des crumbles et de la compote…promesse non tenue, évidemment.

J’habite près du fleuve, les feuilles tombent avec un enthousiasme remarquable. Je les ramasse le mercredi et le jeudi, tout est à recommencer. Comme dit Marthe Laverdière :

« Gardez ça su’l terrain c’est du composte viarge ! ». J’adopte son discours. Les dernières tomates, elles, mûrissent à leur rythme, c’est-à-dire après la fin de saison. J’ai oublié de faire la cueillette de mes petits concombres libanais, ils ont pris la taille d’un melon d’eau… rien à faire.

Comme tout le monde, je m’exerce à un sport très automnal : la rotation des vêtements. Je range mes gougounes et sors mes bottes, que je décide de jeter finalement. Je redécouvre mes guenilles chaudes et retrouve mon vieux Kanuk qui n’a pas d’âge. Je sors des vêtements oubliés au fond du placard qui me regardent comme un ancien camarade de classe. J’essaie des chandails de laine piquante, des chemises à carreaux , me semble qu’ils ont rapetissé durant l’été… ou est-ce moi qui… Passons à autre chose. Wow ! mes gros bas multicolores, tricotés par ma mère, ils apparaissent mystérieusement sans leur jumeau, l’été les a séparés.

Le mois d’octobre est un mois de transition, on hésite entre la terrasse sur la Well et le foyer électrique qui trône dans le salon double, entre la salade super santé et la soupe au pois-maison, entre sortir à vélo ou lire tranquillement enveloppé d’une doudou dans notre fauteuil préféré. 

Moi, je profite des belles journées, je ramasse un peu les feuilles, je croque dans une McIntosh et dans l’automne qui sait très bien que le mois d’octobre est son messager-mystère. 

À nous de comprendre.

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