Texte Pierre Lussier
La troisième édition de la Foire des Possibles a réuni plusieurs organismes communautaires au cœur de la Promenade Wellington, en proposant également quelques conférences, notamment celle du Grand Verdunois Gilles Proulx, ce célèbre animateur de radio qui attire toujours le public et qui n’a jamais eu la langue dans sa poche.

Sous l’impulsion de l’animateur verdunois Francis Waddell, Demain Verdun a profité du dernier week-end de la rue Wellington piétonne pour tenir la Foire des Possibles, un rassemblement des forces vives qui anticipent un futur plus équitable et plus convivial de la vie urbaine à Verdun. La transition écologique est au cœur des préoccupations du groupe qui suscite des rencontres, des échanges et des initiatives locales. On veut faire connaître les nombreuses initiatives qui font de Verdun, un arrondissement plus durable et plus résilient, selon Francis Waddell.
L’histoire, le droit à l’alimentation, la fiscalité, la crise financière, la déforestation, l’éducation populaire, le logement, voilà autant de sujets qui s’inscrivent dans une réflexion des associations et des organismes communautaires actifs dans la communauté.
Des organismes tels Multi-Caus, le Circuit alimentaire de Verdun, La Fringale, Ciné-Quartier et bien d’autres étaient présents à la Foire des Possibles afin de faire part de leurs activités et de leurs ambitions pour la société de demain. Francis Waddell nous a d’ailleurs mentionné la création prochaine d’une assemblée citoyenne.
Gilles Proulx, tour à tour historien, pamphlétaire et conteur
Natif de Verdun dont il reste profondément attaché, l’animateur de radio et de télévision Gilles Proulx n’a rien perdu de sa verve malgré son âge, tenant la foule en haleine, tel un conteur à la Foire des Possibles, samedi dernier. Seul sur scène, le conférencier a parlé pendant plus d’une heure sans aide-mémoire et sans carafe d’eau, debout au soleil qui plombait la rue à ce moment-là. Des dizaines de spectateurs l’écoutaient attentivement, des passants s’arrêtaient pour l’entendre.
Gilles a tracé un portrait imagé de l’histoire du Canada et du Québec, sans négliger Verdun et la célèbre station de radio CKVL à qui il a consacré les dernières minutes de son voyage dans le temps.
On aurait cru écouter un conteur lorsque le conférencier a situé la présence d’humains sur le territoire de Verdun, il y a plus 5 000 ans, en expliquant que les autochtones avaient franchi le détroit de Béring depuis la Sibérie pour s’installer dans les Amériques.
Gilles Proulx a rappelé les péripéties qui ont abouti à la Grande Paix de Montréal avec les nations autochtones sous l’égide du gouverneur Callières. Proulx n’a pas manqué l’occasion de corriger les faits sur la propriété du territoire où Maisonneuve et Jeanne-Mance ont fondé Ville-Marie, alors déserté de toute habitation permanente des communautés autochtones.
Évoquant les liens commerciaux des Iroquois avec les Anglais et l’amitié des Français avec les Hurons-Wendats et les Algonquins notamment, Gilles Proulx a parlé de la Conquête et ses conséquences sur le peuple de la vallée du Saint-Laurent jusqu’à nos jours.
Essoufflant, me direz-vous ? Oui, car Gilles Proulx a poursuivi en décrivant le monde contemporain et les efforts des gens de chez nous de se prendre en main avec la Révolution tranquille.
Préoccupé, le conférencier note que Montréal s’anglicise à un rythme fou si on ne fait rien, et qu’il faut redresser la barre. Et CKVL dans tout ça ? Une grande station radiophonique qui a contribué à la culture d’ici, mais qui est tombée dans l’oubli avec la démolition de l’immeuble de la rue Gordon.



