Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Photos Alain Laroche
L’histoire de Marc Seltzer aurait pu servir d’illustration à la chanson désormais classique de Luc Plamondon et Michel Berger J’aurais voulu être un artiste (aussi connue comme Le blues du businessman). Bien installé dans sa profession d’avocat, il décide un beau jour de suivre la voie qui s’est ouverte pour lui durant ses études à Berkeley, Californie. Il avait une option qui lui permettait d’étudier trois disciplines humanistes – il choisit le cinéma, l’histoire et l’art. Il crédite son professeur à l’université, James Melchert, pour son éveil à l’expression artistique. « Il nous encourageait, se rappelle Marc, dans une démarche conceptuelle, à changer de médium ou de matériau. Lors de ses cours, il nous lançait par exemple : « Si vous étiez des artistes sonores, avec quoi travailleriez-vous ? » Alors, nous partions tous à réfléchir au son : que pouvons-nous en faire ? La semaine suivante, il disait : « Et si nous dessinions ? Je sais que vous ne suivez pas mon cours pour apprendre à dessiner, mais que pouvez-vous faire si vous devez dessiner tout en exprimant des idées ? » J’ai ainsi exploré tant de pistes différentes que son influence m’a convaincu qu’il s’agissait là d’une manière tout à fait légitime d’être artiste. Il n’est pas nécessaire d’exceller dans une seule discipline ; l’essentiel est de travailler à partir d’idées. J’ai donc fini par accepter cette approche, en me disant par exemple : « Je m’intéresse à la politique, je peux donc l’intégrer à mon travail. »





À un moment de sa vie, l’obligation d’un choix s’est imposée- les deux professions : avocat et artiste – étant pratiquement inconciliables.
Suis ton cœur, il t’amènera à Verdun!
Il décide donc d’explorer sa créativité et tombe en amour avec une Verdunoise. Sa vie chamboule, il quitte son métier et le soleil de la Californie pour celui, plus timide, de notre province, mais l’amour et le feu sacré pour l’art le garde pourtant bien au chaud.
Marc et sa femme fréquentent assidument le Musée des beaux-arts de Montréal, mais, petit à petit, l’idée de créer un espace à Verdun pour, tout d’abord, présenter son propre art puis pour s’ouvrir sur celui des autres grandit en lui. L’endroit qu’il a choisi se prête très bien, par sa configuration avec des grandes baies à l’entrée, à l’exposition. Ainsi est née la galerie Installation/Art, située au 3949 de la rue Wellington.
Marc a une nette préférence pour des installations. Ajouter une troisième dimension rend l’œuvre vivante, crée un contexte qui amplifie sa signification. Dans sa galerie, vous trouverez une de ses installations faite des dessins qui couvrent les murs d’une douche (fausse, bien évidemment – il l’a fait avec l’aide de sa fille). Ces dessins, accompagnés des textes, des pensées, brèves et concises, sont comme des murmures, confidences qu’on garde pour soi ou alors à ces intimes. Quand les autres chantent sous la douche, Marc vagabonde dans sa tête et collecte les fruits de ses réflexions, qui tapissent les parois de la douche.
L’art à portée de tous
Dans sa pratique, Marc favorise les idées plutôt que la perfection formelle. Parfois, la spontanéité vaut plus qu’une exécution minutieuse. Nous n’avons pas tous le talent ou la dextérité nécessaire pour créer une œuvre, mais tous ont des idées, opinions, réflexions. Le vrai talent est d’intégrer ces idées dans son travail, en utilisant souvent des matériaux inusités, comme le plastique, dont la présence dans les océans et même nos corps le préoccupe au plus haut point.
Installation/Art est une vraie galerie qui accueille les artistes, qui vend leur production, qui les promeut autant qu’elle peut. Si vous êtes un(e) artiste et que vous souhaitez faire connaître votre art, n’hésitez pas à contacter Marc (en personne ou par téléphone ci-dessous). En ce moment, deux artistes font partie de l’écurie de Marc, mais il est ouvert à en prendre plus. Son assistante, Eliana, se charge de la communication et du suivi avec les artistes, elle lui suggère également ceux qu’elle trouve intéressants. Une collaboration avec les étudiants en art de l’UQAM a permis d’organiser une activité de peinture en direct un jeudi soir. Suite au franc succès, Marc envisage de poursuivre cette aventure au rythme qui reste à déterminer. En attendant, faites un tour à la galerie pour découvrir cet endroit voué à l’art, à la vie et à la vérité.


