Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski

Nous voulons tous changer le monde – pour le mieux, bien entendu. Pour la plupart d’entre nous, il s’agit d’un wishful thinking (j’ose un anglicisme pour honorer la langue de Leonard Cohen). Moi, j’appelle ça « le discours de Miss Univers » : la paix sur Terre, abondance et bonheur pour tous. Peu d’entre nous dépassent ce stade et se lancent dans une action concrète. Marc-André Dostie fait partie de ceux qui osent, qui retroussent leurs manches et qui décident d’incarner les idéaux qui les habitent. Avoir le cœur gros comme un bateau ne suffit pas souvent, il faut un certain savoir-faire, et Marc-André semble en avoir accumulé suffisamment pour se lancer dans sa belle aventure.
La première partie de l’équation – le pourquoi
Au mois de février 2025, trois amis : Diego de Lormier, Nadim Saliba et Marc-André ont décidé à réagir aux coupures annoncées par l’administration américaine concernant leur aide internationale et, selon les propres mots de Marc-André, reprendre le flambeau. Ainsi, Libanaide est née. Pourquoi le Liban? Le trio fondateur se lance dans une recherche et découvre que ce beau pays du Proche Orient arrive en 7e place au niveau de précarité sans toutefois avoir un seul organisme dédié à sa cause – en d’autres mots, il est négligé. Les besoins sont énormes, il est impossible de les combler, d’autant plus que certains pays vivent des situations d’urgence – guerres, conflits, crises. L’objectif est de ramasser des fonds pour aider financièrement les fermiers au Liban aux prises avec des difficultés. Première étape – identifier ces fermes, familiales de préférence, qui pratiquent la monoculture (légumes ou fruits), ce qui les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations du marché ou aux intempéries. L’argent collecté les aide à traverser les périodes difficiles, mais aussi à effectuer une transition vers une agriculture durable, respectueuse de l’environnement.
La deuxième partie de l’équation – le comment
Dès le départ, le trio des fondateurs veut offrir à ceux qui leur offrent leur soutien quelque chose de tangible en retour. L’idée de s’adresser aux artistes émerge – Libanaide sollicite les créateurs pour la vente de leurs œuvres, selon les conditions établies par les artistes eux-mêmes (le prix de vente, le pourcentage qui revient à l’organisme). Pour se faire connaître, Libanaide participe à des festivals et événements à Montréal. Petit à petit, il se constitue une écurie, une base ou, si on préfère, une communauté d’artistes (Vis, Les.accros.d.art, Simone Philpot, Katho.m.art, Tattoobreeze, Kameli entre autres) qui fonctionne sans contrat, motivée par la noblesse de la cause. Aujourd’hui, l’organisme offre en vente des dizaines d’œuvres, qu’on peut contempler dans le sous-sol de l’Épicerie Loco, au 4437 de Wellington. En plus d’une galerie impressionnante, on peut y découvrir une librairie qui l’est autant. Des centaines de livres de toutes langues vous y attendent. C’est vous qui fixez le prix, mais soyez assurés que chaque dollar investi sert une cause noble. Demandez à la caisse de l’épicerie pour visiter ce véritable Sésame et payez vos acquisitions. Vous pouvez également y apporter vos dons. L’anglais est surreprésenté, n’hésitez donc pas si vous avez des livres en français, en polonais, en espagnol ou toute autre langue.
Marc-André saura vous conseiller et expliquer mieux en détails la démarche et les objectifs de l’organisme (vous pouvez également suivre les liens ci-dessous pour plus d’info). Il offre également un accompagnement professionnel à tous ceux qui désirent se lancer dans un projet de portée sociale; il saura aviser et élaborer une forme optimale pour assurer non seulement la survie d’un projet semblable, mais aussi son épanouissement.
Pour relaxer et se ressourcer, Marc-André se réfugie sur une petite île des Appalaches, avec son adorable chien – même le cœur le plus généreux a besoin de se recharger en nature.


